Abandon de Notre-Dame-des-Landes: Jusqu’où peut aller l’aéroport de Rennes?

TRANSPORTS La plateforme annonce un nouveau record de fréquentation pour 2017…

Camille Allain

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Un avion de la compagnie Hop décolle sur la piste de l'aéroport de Rennes Saint-Jacques.
Un avion de la compagnie Hop décolle sur la piste de l'aéroport de Rennes Saint-Jacques. — C. Allain / 20 Minutes
  • L'aéroport de Rennes affiche une fréquentation historique pour 2017.
  • Freinée par le spectre de Notre-Dame-des-Landes, la plateforme pourrait croître encore plus vite.
  • Plusieurs millions de passagers pourraient être accueillis selon certains observateurs.

Hasard du calendrier ? Quelques jours après l’annonce de l’abandon du projet à Notre-Dame-des-Landes, Vinci vient de publier les chiffres de fréquentation de l’aéroport de Rennes-Saint-Jacques, que la multinationale gère avec la Chambre de commerce et de l’industrie (CCI) d’Ille-et-Vilaine. Moribond il y a une dizaine d’années, l’aéroport rennais est en pleine croissance et a vu passer 725.000 passagers l’an dernier. Un record historique.

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En attendant un agrandissement promis par le Premier ministre Edouard Philippe, l’aéroport de Rennes peut savourer son succès. Mais jusqu’où peut-il aller ? En 2009, un rapport rédigé par l’Audiar, agence d’urbanisme de Rennes Métropole, évoquait la possibilité d’accueillir 1,5 million de passagers à horizon 2020-2025. « On vise le million de passagers dès 2019 », assure Emmanuel Thaunier, président de la CCI d’Ille-et-Vilaine.

« L’Audiar devrait mettre ses statistiques à jour. On devrait déjà être à 1,5 million de passagers, mais on est très en retard », estime Hervé Cavalan. Pour le président de l'Association indépendante pour le développement de l'aéroport de Rennes, la plateforme de Saint-Jacques a la capacité d’accueillir2 voire 2,5 millions de voyageurs par an. « Bristol traite six millions de personnes et la piste là-bas est plus courte que chez nous. Rennes est sous-exploitée », assure Hervé Cavalan. Dans une autre étude menée en 2014, l’Audiar confirmait que l’attractivité de Rennes était plombée « par des connexions aériennes déficientes à l’échelle nationale et internationale ».

Encourager les liaisons vers les grands hubs

Depuis, les choses ont changé. Confortées par le succès de Vueling et de sa ligne vers Barcelone, plusieurs compagnies ont fait le choix de s’implanter à Rennes ces dernières années, comme Iberia Express, Flybe ou Easy Jet. Après avoir une liaison vers Lyon, cette dernière va relier Genève (Suisse) courant 2018. « C’est un grand hub européen. C’est ça qu’il faut encourager. Pour désenclaver l’ouest, il nous faut des liaisons quotidiennes vers les grandes villes européennes et des vols vers les grands hubs européens », poursuit Hervé Cavalan.

Forte de son succès, la compagnie Air France pourrait également doubler ses vols​ déjà quotidiens vers Amsterdam, l’un des plus grands hubs d’Europe. Freiné par le spectre de Notre-Dame-des-Landes, l’aéroport de Rennes se sent pousser des ailes.