• Les salariés de l’hôpital ont annoncé la suspension du mouvement de grève ce mardi.
  • Le mouvement avait démarré le 7 novembre pour demander l’ouverture de lits supplémentaires et la création d’emplois.
  • Au début du mois, une enveloppe de 1,65 million d’euros a été débloquée par les autorités sanitaires.

Devant les grilles d’entrée du centre Guillaume Régnier à Rennes, le barnum des grévistes a disparu. Depuis deux mois, les salariés et syndicalistes du troisième plus grand hôpital psychiatrique de France se relayaient jour et nuit sous le chapiteau pour réclamer l’ouverture de 20 lits supplémentaires et la création de 15 emplois. Démarré le 7 novembre, le mouvement de grève a pris fin ce mardi à l’issue d’une nouvelle assemblée générale. « Nous suspendons le mouvement mais le combat continue », précise Anne Beaume du syndicat Sud Santé Sociaux.

>> A lire aussi : Hôpital Psychiatrique de Cadillac en Gironde: «Chaque jour, on se demande qui va se faire taper !»

Loin d’avoir obtenu gain de cause auprès de leur direction, les salariés ont décidé la mise en sommeil de leur conflit afin de se donner le temps de la réflexion. Car depuis début janvier, la donne a changé avec l’annonce par le ministère de la Santé et l’Agence régionale de santé du déblocage d’une somme de 1,65 million d’euros. « C’est un premier pas qui montre que le mouvement de grève a porté ses fruits mais c’est largement insuffisant », indique la syndicaliste.

A quoi serviront les crédits débloqués ?

D’ici à février, date à laquelle une réunion est programmée avec la direction, salariés et syndicats vont donc s’atteler à réfléchir à la manière dont pourraient être ventilés ces crédits « afin d’améliorer les conditions de travail des salariés et les conditions d’accueil des patients ». Sur ces fonds, une bonne partie est déjà destinée pour financer les opérations immobilières de l’hôpital.

« Cela ne répond pas à notre demande d’avoir des lits et des postes supplémentaires », souligne un autre syndicaliste, précisant qu’un courrier allait être adressé à la ministre de la Santé Agnès Buzyn pour appuyer la demande. « Si nous ne sommes pas entendus, c’est clair que le mouvement va repartir », glisse un salarié à l’issue de l’assemblée générale. Actée mardi, la suspension du mouvement de grève pourrait donc être de courte durée.

>> A lire aussi : Surpopulation, maltraitance... Les hôpitaux psychiatriques français sont-ils devenus «indignes du XXIe siècle»?