Rennes: Les stickers en hommage à sa Mémé s'affichent dans le monde entier

ARTS Un artiste détourne des logos bien connus pour en faire des autocollants...

Camille Allain
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L'artiste MC a détourné le logo du club de football allemand ST Pauli pour créer un sticker ST Mémé, en hommage à sa grand-mère.
L'artiste MC a détourné le logo du club de football allemand ST Pauli pour créer un sticker ST Mémé, en hommage à sa grand-mère. — C. Allain / 20 Minutes
  • L’artiste rennais MC réalise des stickers en hommage à sa grand-mère.
  • Ses autocollants « Mémé » sont visibles dans plusieurs coins du monde.
  • L’artiste expose ses peintures jusqu’au 31 janvier au Magic Hall.

Vous les avez peut-être déjà remarqués, collés sur un lampadaire, une armoire électrique ou dans les toilettes d’un bar de Rennes. Depuis quelques années, les stickers « Mémé » se font de plus en plus nombreux dans les rues de la capitale bretonne. Né dans l’esprit d’un Rennais âgé d’une quarantaine d’années, ce projet rendant hommage à sa grand-mère décédée a pris une ampleur internationale. Depuis plusieurs mois, les stickers « Mémé » s’affichent aux quatre coins du monde.



L’histoire remonte à 2013 quand MC, qui préfère garder l’anonymat, perd sa grand-mère. Agricultrice, Eugénie a passé toute sa vie à Néant-sur-Yvel, petite bourgade du Morbihan. Elle n’a jamais quitté son département, déteste la société de consommation et ignore tout de l’art et de la musique. Lorsqu’elle décède en 2013, son petit-fils décide de lui rendre hommage sous forme de tableaux puis de stickers où il détourne les logos des grandes marques. De l’art, du marketing et du voyage. Tout l’inverse de ce qu’aimait sa grand-mère. « J’étais très proche d’elle. C’était ça ou je partais en psychanalyse pour 15 ans », raconte MC.

« C’est hyper simple à réaliser »

Cadre dans une banque, ce Rennais père de deux enfants a commencé par peindre des tableaux, qu’il expose actuellement au Magic Hall à Rennes. « Je trouvais que c’était un peu limité. Je voulais toucher plus de personnes. » Lors d’un voyage à Hambourg, en Allemagne, il découvre des milliers de stickers collés partout dans le quartier underground de St Pauli. C’est le déclic. « C’est hyper simple à réaliser et ça permet de sortir l’art des salles d’expo. Ça collait bien avec cet esprit d’hommage. »



S’il se lance seul dans l’aventure, MC s’entoure petit à petit d’une « armée pacifique » qui se propose de coller ses autocollants partout dans le monde. « Ils sont plus d’une centaine aujourd’hui. »

Du coup, on peut voir « Mémé » à Rennes, à Paris, à Lyon, Marseille mais aussi à Stuttgart, à New York, à Londres, au Canada, en Indonésie et bientôt au Maroc. « De son vivant, elle n’a jamais quitté la Bretagne, jamais mis les pieds à Paris. Aujourd’hui, elle voyage par procuration. » Si jamais vous aussi, vous voulez faire voyager Mémé, vous pouvez prendre contact avec l’artiste, qui vous enverra ses stickers. « L’idée, c’est que ça devienne viral. »