VIDEO. Rennes: Après un chantier pharaonique, la nouvelle vie du couvent des Jacobins peut commencer

URBANISME Le tout nouveau centre des congrès a été inauguré ce lundi…

Camille Allain

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L'orchestre symphonique de Bretagne répète au centre des congrès, installé dans le couvent des Jacobins à Rennes, ici lors de son inauguration le 8 janvier 2018. Lancer le diaporama
L'orchestre symphonique de Bretagne répète au centre des congrès, installé dans le couvent des Jacobins à Rennes, ici lors de son inauguration le 8 janvier 2018. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le projet du nouveau centre des congrès chiffré à 107 millions d’euros a été longtemps critiqué.
  • Un chantier de fouilles exceptionnel a été mené dans le couvent des Jacobins.

« Vous avez réalisé l’impossible. » Ce lundi, la maire de Rennes Nathalie Appéré n’a pas tari d’éloges sur le tout nouveau centre des congrès. Installé dans le couvent des Jacobins, l’équipement a été inauguré par une pléiade d’élus locaux, tous aussi dithyrambiques à l’égard du projet. Chiffré à 107 millions d’euros, le centre des congrès semble faire l’unanimité aujourd’hui. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Retour en cinq dates sur un chantier hors-norme.

2002, la ville achète le couvent.

Construit au XIVe siècle, le couvent des Jacobins a longtemps été occupé par les Dominicains, avant de devenir propriété de l’armée après la Révolution pour y stocker des munitions. Vidé de ses activités, le bâtiment est racheté par Rennes Métropole en 2002, qui ne sait pas encore ce qu’elle va en faire. « Il suscitait la convoitise des promoteurs privés », se souvient Emmanuel Couet, l’actuel président d’agglomération.

Le centre des congrès, installé dans le couvent des Jacobins à Rennes, ici lors de son inauguration le 8 janvier 2018.
Le centre des congrès, installé dans le couvent des Jacobins à Rennes, ici lors de son inauguration le 8 janvier 2018. - C. Allain / 20 Minutes

2008, le site est choisi.

Tout juste élu maire, Daniel Delaveau décide d’implanter le centre des congrès au sein du couvent des Jacobins, après d’âpres débats. « Nous avions étudié plusieurs pistes. Il y avait de vraies questions autour de la localisation. Personnellement, j’ai tout de suite été convaincu que le couvent serait la bonne solution. Aujourd’hui, je vois que notre choix était le bon », témoigne l’ancien maire socialiste. Le palais Saint-Georges, la gare et plusieurs sites en périphérie avaient également été évoqués pour accueillir le centre des congrès.

Le cloître du centre des congrès, installé dans le couvent des Jacobins à Rennes, ici lors de son inauguration le 8 janvier 2018.
Le cloître du centre des congrès, installé dans le couvent des Jacobins à Rennes, ici lors de son inauguration le 8 janvier 2018. - C. Allain / 20 Minutes

2011, des fouilles exceptionnelles.

Construit sur les ruines de la vieille ville, le couvent des Jacobins cache sous ses fondations des trésors d’archéologie. Les chercheurs de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) se régalent et prolongent leur bail sur place. En 2014, ils exhument la dépouille de Louise de Quengo. Le corps de la noble bretonne, décédée 350 ans plus tôt et inhumée dans un cercueil de plomb, est dans un état de conservation exceptionnel. « J’ai l’impression qu’elle est décédée il y a quinze jours », affirmait à l’époque le médecin légiste.

2012, le surcoût révélé.

Lors du vote en conseil d’agglomération, l’enveloppe allouée au futur centre des congrès approche les 85 millions d’euros. Mais quelques années plus tard, les élus doivent revoir leur budget largement à la hausse. L’important chantier de fouilles, les nouvelles normes antisismiques et l’enfouissement de plusieurs locaux techniques viennent gonfler la facture. En dix ans d’études et de travaux, le projet aura finalement coûté 107 millions d’euros.

2015, le couvent est en lévitation.

Chantier hors-norme, la construction de l’équipement passe par plusieurs phases spectaculaires. En 2015, le couvent du XIVe siècle est « en lévitation ». Forcé de creuser pour poser les fondations du grand auditorium, le groupement d’entreprises piloté par la Sogea enlève quinze mètres de terre sous le sol du couvent, à la demande de l’architecte Jean Guervilly. « On a beaucoup cité mon nom. Mais nous étions quatre architectes sur ce projet. Et nous ne sommes rien sans le travail des bureaux d’études », a indiqué modestement Jean Guervilly, pourtant salué dans tous les discours.

2018, le centre des congrès ouvre ses portes.

Inauguré ce lundi, le tout nouveau centre des congrès accueille un auditorium de 1.000 places où répète déjà l’Orchestre symphonique de Bretagne, qui profite enfin d’une bonne acoustique. La nef où furent célébrées les fiançailles d’Anne de Bretagne en 1490 abrite un autre auditorium de 400 places. « Nous avons plus d’une centaine d’événements réservés pour 2018. Nous commercialisons déjà jusqu’en 2023 », se félicite Jean-François Kerroc’h, directeur général de Destination Rennes.