Rennes: Le musée de Bretagne déroule le tapis rouge à Louise de Quengo, la dame des Jacobins

EXPOSITION La dépouille de cette noble bretonne avait été découverte dans un état exceptionnel en 2014 sur le chantier de couvent…

Jérôme Gicquel

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Le corps de Louise de Quengo, morte en 1656, a été ôté de tous les tissus à Toulouse.
Le corps de Louise de Quengo, morte en 1656, a été ôté de tous les tissus à Toulouse. — Inrap
  • Le musée de Bretagne présente une exposition sur Louise de Quengo.
  • La dépouille de cette noble bretonne avait été découverte sur le chantier du couvent des Jacobins en 2014 à Rennes.
  • Réinhumé en 2015, le cadavre de Louise de Quengo avait été retrouvé dans un état de conservation exceptionnel.

Plus de 350 ans après sa mort, Louise de Quengo continue de faire parler d’elle. L’histoire de cette noble bretonne avait refait surface en 2014 à l’occasion d’une découverte exceptionnelle sur le chantier du couvent des Jacobins à Rennes. Sa dépouille, enfermée dans un cercueil de plomb au milieu de centaines d’autres morts, avait été retrouvée dans un état de conservation exceptionnel par les chercheurs de l’Inrap (Institut de recherches archéologiques préventives). « J’ai l’impression qu’elle est décédée il y a quinze jours », affirmait à l’époque le médecin légiste.

Identifiée grâce au cœur de son mari, Toussait de Perrien, retrouvé à côté d’elle, Louise de Quengo avait alors passionné la communauté scientifique. « La matière organique était encore très bien conservée, chose assez incroyable », indique Rozenn Colleter, anthropologue à l’Inrap Grand Ouest. Les cheveux de la noble étaient même encore présents, là où l’on ne trouve d’ordinaire que des os et des dents, ainsi que les vêtements et les chaussures qu’elles portaient lors de ses funérailles.

Son cadavre inhumé en 2015 dans les Côtes-d’Armor

« L’étude du corps de Louise de Quengo nous a offert un témoignage rare sur les pratiques funéraires des élites au XVIIe siècle », souligne Manon Six, conservateur du patrimoine et responsable des collections au musée de Bretagne. Jusqu’au 14 janvier, les visiteurs du musée pourront ainsi se replonger dans l’histoire de Louise de Quengo à l’occasion d’une grande exposition.

On y découvre notamment quelques vêtements et les coiffes portées par la dame des Jacobins ainsi qu’un cercueil en plomb similaire à celui dans lequel elle a été trouvée.

Les trois coiffes portées par Louise de Quengo ont été nettoyées et reconstituées.
Les trois coiffes portées par Louise de Quengo ont été nettoyées et reconstituées. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Grand absent de l’exposition, le cadavre de Louise de Quengo a depuis été enterré une seconde fois en 2015 à Tonquédec. C’est dans ce petit village des Côtes-d’Armor que l’un des deux frères de Louise avait acheté un château fort en 1636.