So-so-so-solidarité: «Christian Gourcuff a mon soutien indéfectible», affirme Jean-Marc Furlan

FOOTBALL L'entraîneur du Stade Brestois prend la défense de son homologue rennais...

Jeremy Goujon

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Jean-Marc Furlan lors du feu d’artifice brestois contre le Gazélec Ajaccio (6-2), en mai 2017.
Jean-Marc Furlan lors du feu d’artifice brestois contre le Gazélec Ajaccio (6-2), en mai 2017. — F. Tanneau / AFP
  • Passé tout près de la remontée en Ligue 1 la saison dernière, Brest affrontera le Stade Rennais en amical, vendredi à Quimper (19 h).
  • L'occasion pour le coach du SB29 de dire tout le bien qu'il pense de son collègue rouge et noir.

Plus de quatre mois après avoir échoué d’un rien dans la course à l’accession (5e, à un point d’Amiens), le Stade Brestois est de retour sur le podium de la Ligue 2.

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Mais personne ne reparle (encore) de L1 dans la cité du Ponant, à commencer par le coach Jean-Marc Furlan, interrogé par 20 Minutes avant le match amical contre le Stade Rennais, vendredi à Quimper (19 h). Verbatim.

Un traumatisme ? Quel traumatisme ? « J’ai été l’autre jour [le 2 octobre] à l’assemblée générale de l’Unecatef [l’Union nationale des entraîneurs et cadres techniques du football français], et mes copains me disaient : "Putain, tu as dû être marqué [par la non-montée]". En fait, nous [club et staff], pas du tout. Certains joueurs, par contre, oui. Il y en a trois ou quatre, et je pense en particulier à Neal Maupay et Zakaria Diallo, qui l’ont vraiment mal vécu.

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Nos deux défaites à domicile [2-3 contre Amiens et Nîmes, les 22 avril et 6 mai 2017] ont été très surprenantes, dans la mesure où c’est là où on a été les plus brillants. On a tordu nos adversaires de façon incroyable (sic).

Curieusement, c’est donc au moment où on se sentait le mieux, de toute la saison, que le titre nous échappe… Mais il faut savoir que lors du dernier match à la maison [6-2 face au Gazélec Ajaccio, le 19 mai], ça a été une fête incroyable, on s’est éclatés ! C’était à guichets fermés, ce qui n’était pas arrivé depuis des années. Les supporters ont été tellement géniaux avec nous… J’étais sur le cul (sic) ! »

Guy Roux, sors de ce corps. « Le discours est simple : il n’y a pas de clubs en France qui sont montés en disant "On veut monter". L’année dernière, Strasbourg, Amiens et Troyes n’ont jamais prononcé ce mot. Ils voulaient se maintenir… Depuis dix ans, en L2, ceux qui disent qu’ils veulent monter, ils ne montent pas. Idem pour tous ceux qu’on programme : moi, à chaque fois que je suis monté avec Troyes [en 2005, 2012 et 2015], je n’étais jamais programmé pour par la presse !

Si aujourd’hui, on parle de maintien, c’est parce que 80 % de notre effectif a changé. J’avais écouté Lucien Favre, lui qui a modifié 50 % de ses titulaires à Nice. Il avait dit : "C’est très dangereux". Je me suis retrouvé là-dedans et j'ai dit la même chose à mes dirigeants. Donc je le redis : prenons d’abord nos 42 points…

Il se trouve qu’avec des qualités différentes, moins brillantes, on en a pris [20 unités après dix journées], parce qu’on a voulu s’accrocher, parce qu’on a eu peur. D’autant plus après avoir joué Lorient en amical [21 juillet], où on gagne certes 2-1, mais où on prend surtout le bouillon pendant une heure dix… Impressionnant ! On s’est dit : "Là, on n’est pas à leur niveau". »

Enfin un nouveau stade (pas pour tout de suite, mais…) ! « Je suis monté au créneau plusieurs fois pour dire que Brest, c’est la dernière ville où il y a un stade datant de 1925 [Francis-Le Blé fut précisément inauguré en 1922, sous le nom d'Armoricaine].

Il y a 950.000 habitants dans le département du Finistère, et il est prouvé, à l’échelle européenne, que si tu fais un stade neuf, c’est systématiquement 30 % d’affluence en plus - minimum - les deux premières saisons. Il suffit de voir les filles du handball : elles ont une arena ultramoderne [la Brest Arena], et c’est plein à tous les matchs ! 

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Alors après, peut-être que je ne connaîtrais pas le nouveau stade, je ne sais pas, mais c’est bien pour le club. Pour ancrer les choses, en plus de monter un projet sportif. »

Un maître à penser nommé Gourcuff. « J’ai un soutien indéfectible pour Christian Gourcuff, car il est l’un des meilleurs entraîneurs français. Je me suis beaucoup inspiré de lui, et d’ailleurs, j’ai envoyé un sms pour le lui dire. Il faut être patient, c’est tout. La vie d’un entraîneur de Ligue 1, c’est 80 % de médias, avec un environnement très impactant qui peut troubler le quotidien. Tandis qu’en Ligue 2, ce qu’il y a de bien, c’est qu’on est beaucoup plus tranquille, et on peut être sur des projets d’institution de jeu. 

Christian Gourcuff et le Stade Rennais retrouvent ce vendredi le Stade Brestois de Jean-Marc Furlan.
Christian Gourcuff et le Stade Rennais retrouvent ce vendredi le Stade Brestois de Jean-Marc Furlan. - ROUGE Mémoire

Mais on est vite perturbé en L1 par l’environnement, et c’est le cas de Rennes en ce moment. On manque de patience, car pour moi, Christian est un de nos meilleurs techniciens. Et à chaque fois qu’on joue contre eux en amical, on prend un bouillon parce que c’est dur de leur attraper le ballon (sourire)… Mais quand on rencontre les autres Bretons, que ce soit Guingamp, Lorient ou Rennes, ce sont toujours des matchs de football agréables. »