Stade Rennais: Pour Julien Escudé, «Gourcuff est un bon entraîneur, mais si l’équipe continue à ne pas gagner...»

INTERVIEW Ça va marcher beaucoup moins bien, forcément...

Propos recueillis par Jeremy Goujon

— 

Julien SQD.
Julien SQD. — J. Soriano / AFP
  • L'ancien défenseur des Rouge et Noir suit avec attention les résultats du SRFC.
  • Et, par ricochet, le travail de son ex-coach Christian Gourcuff, premier responsable de la situation selon le « Scud »...

Joueur le plus utilisé par Christian Gourcuff au Stade Rennais, lors de la saison 2001-2002, Julien Escudé s’est depuis reconverti dans la restauration, à Madrid (*).

Ce qui n’empêche pas l’ancien défenseur international (38 ans, 13 sélections) de garder un œil sur les (mauvaises) performances actuelles du SRFC…

Pour la première fois depuis son retour sur le banc rennais, Christian Gourcuff a été prié de présenter sa démission par une partie des supporters. Quel regard portez-vous sur cette « réclamation » ?

La période est difficile, d’abord pour l’entraîneur, ensuite pour les joueurs, et puis pour le club, bien évidemment. Rennes mérite une meilleure position au classement que celle qu’il occupe aujourd’hui [15e]. Les résultats sont négatifs, et à chaque fois que c’est comme ça, le premier fautif, c’est l’entraîneur. C’est lui qui met les joueurs en place, donc c’est lui qui est en première ligne. Et en ce moment, c’est un peu compliqué pour lui, oui…

>> A lire aussi: Les premiers «Gourcuff démission!» tombent après la défaite du Stade Rennais face à Caen

Aviez-vous regretté à l’époque son licenciement, au bout d’un an seulement ?

Nous [les joueurs], on est tributaires des décisions du président, ce n’est pas nous qui remercions le coach. Si on a des mauvais résultats, il est logique que le président veuille changer d’entraîneur [le président René Ruello avait aussi pris la porte il y a 15 ans]. En quatre ans à Rennes, j’ai connu quatre entraîneurs [Paul Le Guen, Christian Gourcuff, Philippe Bergeroo et Vahid Halilhodžić], parce que les résultats, par rapport aux attentes des dirigeants et des supporters, n’étaient pas à la hauteur de ceux voulus. Le premier passage de Gourcuff à Rennes a également été compliqué [12e sur 18 en D1]. C’était son premier club de haut standing, avec des ambitions beaucoup plus élevées [qu’à Lorient]. La pression pour lui et pour tout le monde était un peu plus forte.

Escudé aux prises avec le handballeur Ibrahim Ba, le 3 novembre 2001 au Vélodrome de Marseille.
Escudé aux prises avec le handballeur Ibrahim Ba, le 3 novembre 2001 au Vélodrome de Marseille. - C. Paris / AP / Sipa

Le vestiaire était-il divisé par rapport à son management, comme on a souvent pu l’entendre ?

Il faut savoir mettre en place un système tactique, gérer les hommes… et nous, sincèrement, on était là pour appliquer les consignes de l’entraîneur. Maintenant, quand on ne gagne pas, on commence à se poser des questions : « Qu’est-ce qui ne va pas ? Est-ce le coach ? Les joueurs ? La tactique ? L’adversaire ? » C’est plein de choses ! Le coach fait des changements, on l’a déjà vu ce week-end. Au niveau tactique, il s’adapte un peu à son groupe. Parfois ça veut sourire, d’autres non. Aujourd’hui, c’est une période délicate, parce que le Stade Rennais a besoin de résultats.

>> A lire aussi: Quand Christian Gourcuff se faisait virer du Stade Rennais

D’aucuns considèrent que le limogeage de Gourcuff en 2002 était prématuré. Serait-ce une nouvelle erreur de le congédier à ce moment précis, alors qu’il n’est revenu au Stade Rennais qu’en mai 2016 ?

Je ne suis pas le président, ni ne connais les objectifs du club… J’estime que c’est un bon entraîneur, un bon technicien et tacticien, mais si l’équipe continue à ne pas gagner… C’est bien beau de se dire : « Il faut le garder trois ans [Gourcuff est sous contrat jusqu’en 2019] », mais bon, encore une fois, le club a besoin de résultats ! De nos jours, c’est très compliqué de conserver un entraîneur pendant de longues années. À Lyon, on voit que les coachs ont été ou sont au club depuis longtemps, donc ils en connaissent la démarche, la philosophie. Gourcuff est déjà venu à Rennes, mais ce n’est pas un homme du cru. De la région, certes, mais pas du club en lui-même. Il incarne l’identité bretonne, mais si son équipe continue de s’enfoncer dans le bas du classement, il faudra peut-être renouveler certaines choses…

À titre personnel, êtes-vous inquiet pour le SRFC ?

Non, je suis optimiste, ils ont un bon groupe. Maintenant, ils ont un calendrier délicat, avec le prochain déplacement à Guingamp [le 14 octobre]. Après la défaite face à Caen, la pression est dans le camp rennais, avec une obligation de faire un résultat. Si celui-ci s’avère mauvais, avec la réception derrière de Lille, ça deviendra très compliqué…

(*) Propriétaires du SQD Meat Point depuis août 2015, Julien Escudé et son épouse ont ouvert il y a six mois le BB Bistrot Bar, ainsi que le Club Clandestino (bar à cocktails), « dans le même quartier » de la capitale espagnole.

Street art !!! #jogging #deporte #arte #sorpresas #familiaescude #artdevivre

A post shared by Julien Escude (@escudeofficiel) on

Déjà de passage samedi dernier, l’ancien Rouge et Noir sera de nouveau au Roazhon Park le 21 octobre pour assister au match contre Lille, avant de « filer trois jours à Brest » pour y soutenir son ex-tennisman de frangin Nicolas Escudé, nouveau directeur de l’Open Brest Arena (du 23 au 29 octobre).