VIDEO. Rennes: Dis l’Ubu, ça fait quoi d’avoir 30 ans?

MUSIQUE La mythique salle de concerts va souffler ses bougies samedi soir…

Jérôme Gicquel

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Le groupe canadien Dralms avait ouvert la 37e édition des Trans Musicales de Rennes devant des enfants à l'Ubu en 2015.
Le groupe canadien Dralms avait ouvert la 37e édition des Trans Musicales de Rennes devant des enfants à l'Ubu en 2015. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • La salle de concerts a ouvert ses portes le 2 octobre 1987.
  • C'est le groupe Noir Désir qui avait inauguré l'Ubu.
  • La salle a depuis accueilli des grands noms comme Daft Punk ou Lenny Kravitz.

Trente ans de programmation musicale résumés dans un set de six heures. Voilà le défi que relèvera samedi le DJ Rubin Steiner pour la soirée anniversaire des 30 ans de l’Ubu à Rennes. Trois décennies de rock, de sueur et de bière qui auront marqué l’histoire musicale de la capitale bretonne, estampillée capitale du rock en France au début des années 80.

Tout a démarré le 2 octobre 1987. C’est un tout jeune groupe encore inconnu du grand public qui a l’honneur d’inaugurer pendant deux soirées la salle de l’Ubu, Noir Désir. « Ils étaient déjà venus jouer aux Trans Musicales en 1986 dans la salle Alfred Jarry, l’ancien nom de l’Ubu. C’était un grand moment », se souvient Jean-Louis Brossard, programmateur historique des Trans et de l’Ubu.

Le manager d’Happy Mondays déclenche une bagarre

Depuis cette date, la petite salle de 500 places en a vu défiler des grands noms de la musique. « Blur, Portishead, Lenny Kravitz, Pulp… », énumère le boss des lieux, qui ne compte plus le nombre de claques musicales qu’il a pris en 30 ans. « On les programme avant qu’ils n’explosent comme on le fait pour les Trans ».

Des claques, Jean-Louis Brossard en a aussi reçues, et même un coup de boule, de la part du manager d’Happy Mondays, groupe emblématique de l’âge d’or du rock made in Manchester. Son plus mauvais souvenir. « Il dansait comme un cinglé sur la console son. Je lui ai demandé d’arrêter mais il m’a donné un coup de boule. La soirée a dégénéré et le concert s’est arrêté au bout de quatre morceaux. Tous les techniciens du groupe ont fini au poste et le groupe a été interdit de jouer en France pendant cinq ans après ça », sourit-il aujourd’hui.

Des artistes proches du public

D’abord branchée rock, l’Ubu a au fil des années fait évoluer sa programmation en s’ouvrant à d’autres courants musicaux comme l’électro ou le hip-hop. Dans son style club à l’anglaise, l’Ubu garde encore aujourd’hui son côté défricheur. « C’est un public de fidèles qui vient pour la musique, il y a toujours un bon esprit », raconte Laurent Guillemot, chargé de la sécurité depuis huit ans.

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Un public que les groupes peuvent d’ailleurs approcher de près compte tenu de la promiscuité des lieux. « C’est ça qui fait le charme de l’Ubu. Les artistes ne peuvent pas tricher tellement ils sont proches du public. Et tout le monde se tient chaud », indique Tanguy Georget, chargé du projet Mémoire de Trans. « C’est sûr qu’il ne fait jamais froid à l’Ubu. Au mois de juin, il faisait 35° à l’intérieur pour le concert de BCUC », ajoute Laurent Guillemot.

Les programmes des différentes saisons de l'Ubu sont affichés dans le hall d'entrée de la salle.
Les programmes des différentes saisons de l'Ubu sont affichés dans le hall d'entrée de la salle. - J.Gicquel / 20 Minutes

Une web-série documentaire en projet

Après la soirée de samedi, les équipes de l’Ubu auront encore l’occasion de se replonger dans les souvenirs avec un projet de web-série sur l’histoire de l’Ubu. Produit par la société Vivement Lundi !, le documentaire devrait voir le jour en 2018.