Affaire du tilde: La famille de Fañch fait appel de la décision du tribunal

SOCIETE La justice refuse que le petit garçon garde son «ñ tildé» sur son prénom…

Jérôme Gicquel
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Illustration d'un nouveau-né.
Illustration d'un nouveau-né. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

« Vivant en Bretagne, soucieux de transmettre nos valeurs, notre culture, notre langue spécifique, nous avons donné à notre enfant un prénom breton avec son orthographe et sa prononciation bretonne. Nous maintenons ce choix parfaitement légitime ».

L’affaire Fañch, qui défraie la chronique depuis plusieurs semaines en Bretagne, connaît un nouveau rebondissement. Dans un communiqué, les parents du petit garçon, né le 11 mai dernier dans le Finistère, ont indiqué qu’ils allaient faire appel de la décision du tribunal de Quimper qui a refusé que l’enfant garde son « ñ tildé » sur son prénom.

Selon la décision rendue le 13 septembre, la lettre « ñ » est absente des signes diactriques autorisés dans l’état civil et ne peut donc être utilisée pour un prénom. « Admettre l’inverse reviendrait en effet à rompre la volonté de notre Etat de droit de maintenir l’unité du pays et l’égalité sans distinction d’origine », ajoute la juridiction.

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Trois députés bretons écrivent à la Garde des Sceaux 

Un raisonnement que la famille Bernard a du mal à accepter. « Nous pensons que ce n’est pas le nom de Fañch qui menace l’unité nationale, mais le refus de reconnaître la diversité des langues du pays », indiquent les parents, qui n’en démordent pas. « Quand Fañch ira à l’école, il utilisera le ñ non seulement pour écrire son nom, mais de façon permanente », ajoutent-ils.

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Dans leur combat, les parents du petit garçon ont reçu des soutiens de poids ces derniers jours. Trois députés bretons de la majorité présidentielle, Paul Molac, Erwan Balanant et Yannick Kerlogot ont écrit à la ministre de la Justice Nicole Belloubet pour lui demander de réviser la circulaire du 23 juillet 2014 relative à l’état civil.