Rennes: Nathalie Appéré monte au front contre la politique d’Emmanuel Macron

POLITIQUE La maire socialiste critique la diminution des contrats aidés et des APL…

Propos recueillis par Camille Allain
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La maire de Rennes Nathalie Appéré dans son bureau de l'Hôtel de ville, le 28 septembre 2017.
La maire de Rennes Nathalie Appéré dans son bureau de l'Hôtel de ville, le 28 septembre 2017. — C. Allain / 20 Minutes
  • Nathalie Appéré critique les choix d'Emmanuel Macron sur les APL et les contrats aidés.
  • La maire socialiste veut mener une politique de gauche.
  • Elle espère que sa famille politique va se reconstruire.

On l’a senti remontée sur la diminution des contrats aidés, puis sur la baisse des APL. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, la maire de Rennes Nathalie Appéré n’hésite plus à monter au front pour faire entendre sa voix. Membre du Parti socialiste et « résolument de gauche », la première femme maire de Rennes a profité de son bilan de mi-mandat face à la presse pour donner son point de vue sur la politique du gouvernement. Sans filtre.

Vous êtes monté au front pour critiquer certaines réformes du président de la République. C’est assez rare de votre part. Pourquoi ?

Emmanuel Macron nous avait promis que le pays avancerait sur deux jambes, une de droite et une de gauche. Je constate qu’aujourd’hui, le pays boite, et même qu’il marche à cloche-pied. La politique sociale et économique est dictée par un libéralisme assumé et affranchi. Il y a une forme d’improvisation et de mépris des acteurs de terrain. Je veux faire entendre la voix de Rennes. Je me battrai jusqu’au bout.

Quelles conséquences auront la baisse des APL à Rennes ?

C’est une menace profonde au chantier de rénovation urbaine. A Rennes, cela représente environ 500 millions d’euros, dont la moitié est financée par les bailleurs sociaux. Si l’on baisse le montant des APL et donc des loyers, on assèche la capacité des bailleurs à investir. A Rennes, il y a des centaines de logements qui sont en attente d’une rénovation, au Gros Chêne par exemple. Sans ces financements, ces chantiers ne pourront pas se faire. Il faut que le gouvernement revienne sur cette décision.


Quel regard portez-vous sur votre famille politique le Parti socialiste ?

J’appartiens à un parti qui ne va pas bien du tout. Notre famille politique a besoin de se réinventer, de tout remettre à plat. Il ne suffira pas de changer de nom ou de vendre Solférino. Je crois en une gauche sociale, réformiste et écologiste et j’ai envie de participer à la refondation. Il y a un espace à reconquérir entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. Ce qui m’importe, ce n’est pas le PS, c’est de trouver une formation politique qui affirme une identité de gauche nouvelle.

A mi-mandat, pouvez-vous nous dire si vous serez candidate en 2020 ?

Ce n’est pas le moment. Je ne suis pas en campagne, je suis au travail. Pour moi, Rennes n’est pas un trophée qu’on accroche à un tableau de chasse électoral. Ma vision de la ville, je l’ai pour les dix, quinze, vingt ans à venir. Nous menons ici une politique de gauche qui est assumée. La question de ma candidature ne se pose pas aujourd’hui.