Ligue 1: Mais bon sang de bonsoir, pourquoi le Stade Rennais prend au moins un but par match?

FOOTBALL Les Rouge et Noir sont les seuls avec Dijon à ne pas avoir réalisé de clean sheet...

Jeremy Goujon

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Le défenseur rennais Ramy Bensebaini, ici à la lutte avec Diony, n'est pas encore revenu à son meilleur niveau.
Le défenseur rennais Ramy Bensebaini, ici à la lutte avec Diony, n'est pas encore revenu à son meilleur niveau. — P. Desmazes / AFP
  • Douze buts encaissés en sept journées, ça commence à faire beaucoup pour Rennes (16e défense seulement de L1).
  • Valse des gardiens, défense encore perfectible, relâchements coupables... Les raisons de cette perméabilité sont multiples.

« Le plus important sera de ne pas encaisser de but », déclarait Ramy Bensebaini avant le déplacement du Stade Rennais à Saint-Étienne (2-2). Les Rouge et Noir ont donc failli à leur mission à Geoffroy-Guichard, eux qui courent toujours derrière un clean sheet depuis le début de l’exercice 2017-2018. Une « performance » seulement partagée avec Dijon

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Benoît Costil n’a pas (encore) été remplacé. Sa prestation pleine d’assurance contre l’OM (1-3, le 10 septembre) avait, semble-t-il, mis tout le monde d’accord. Sauf que le gardien Tomáš Koubek, arrivé en fin de mercato, a, depuis, commis ses premières « boulettes » sous le maillot du SRFC.

D’abord sans conséquence, puisque le but du Niçois Alassane Pléa (17 septembre), au-devant duquel le Tchèque manqua complètement sa sortie, fut invalidé par l’arbitre. Si on peut également disserter à propos de sa couverture du premier poteau sur la frappe stratosphérique de Mario Balotelli au cours du même match, la responsabilité de Koubek est surtout engagée face à l’ASSE.

Parti à la pêche sur le corner amenant la première égalisation stéphanoise (coup de pied de coin qu’il a lui-même « offert » aux Verts), le portier se jeta ensuite de manière inconsidérée dans les pieds de l’attaquant Loïs Diony, d’où un penalty logiquement sifflé (puis transformé).

Entre la fébrilité d’Abdoulaye Diallo durant les trois premières journées, les trois buts encaissés à Toulouse (dont… deux penaltys, certes) par un Raïs M’Bolhi vexé de ne pas avoir été intronisé numéro 1, et le départ d’un entraîneur des gardiens (Christophe Revel) qui n’a toujours pas été officialisé par le club bretillien, on se dit que ça fait beaucoup pour un même poste. Reste que, contrairement à Diallo, Tomáš Koubek aura toute la saison pour faire ses preuves…

Une ligne défensive en mode up and down. Hormis le latéral droit Hamari Traoré, qui confirme tout le bien qu’Alain Giresse pensait de lui dans les colonnes de 20 Minutes, et le novice Gerzino Nyamsi, impeccable pour ses débuts en Ligue 1 à Marseille, la défense rouge et noire brille pour l’instant par son inconstance.

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Le plus souvent aérien quand il n’est pas blessé (ce qui est le cas actuellement), Edson Mexer fut tout juste moyen au mois d’août. Joris Gnagnon, lui, a reconnu avoir retrouvé « de meilleures sensations » et s’être « remis la tête dedans » à partir du déplacement au Vélodrome, là aussi après un premier mois de compétition mi-figue mi-raisin. De son côté (gauche), Ludovic Baal a vu sa préparation estivale tronquée par sa participation à la Gold Cup, ce qui a engendré « un petit coup de mou » (dixit l’intéressé). Mais l'homme qui cristallise les critiques des supporters demeure Ramy Bensebaini.

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L’international algérien, tantôt « axe droit », tantôt arrière gauche depuis l’entame du championnat, a encore souffert dans le Forez, physiquement et techniquement. Le gaucher réfute pourtant tout problème de positionnement lorsqu’il opère au centre (« Ce n’est pas un problème pour moi, je dois juste faire plus attention sur mes relances car je n’évolue pas sur mon pied fort »), et assure avoir ignoré les rumeurs de transfert de cet été. « Ma tête était à Rennes et nulle part ailleurs. Je compte bien confirmer ici », affirme ainsi Bensebaini sur le site du SRFC. Dont acte.

Une fâcheuse tendance à déjouer après avoir marqué. « Manque de maturité ». Semaine après semaine, l’expression revient comme un refrain dans la bouche de Christian Gourcuff, alors que sa formation, 15e au classement général de la L1, pointe au 16e rang de celui consacré aux défenses (douze buts pris en sept rencontres).

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« Il va falloir apprendre vite », prévenait l’entraîneur breton fin août. Visiblement, la troisième équipe la plus jeune des cinq grands championnats européens (24,31 ans de moyenne d’âge), selon l’observatoire du football CIES (Centre international d’étude du sport), a encore des lacunes, notamment dans la capacité à contenir ses rivaux et enfoncer le clou simultanément.

À cinq reprises (dont deux à « Sainté »), le Stade Rennais a mené au score (après Dijon, Toulouse et Marseille), mais pour la 3e fois, il a laissé échapper deux ou trois points en cours de route. « Notre problème est qu’on se relâche une fois qu’on marque, avoue le très… mature Gnagnon, malgré ses 20 ans. On pense que le match est plié, alors que justement, c’est là que ça devient plus dur. Les dix-quinze minutes après avoir marqué sont toujours les plus compliquées pour nous. Ça nous arrive beaucoup cette saison, mais c’était déjà le cas l’année dernière. Il faut corriger cela. »

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Sinon, il faudra sans doute inscrire au moins trois buts par match pour espérer l’emporter, chose que les Rouge et Noir n’ont réussie que deux fois en un an*. Et dans les deux cas, l'adversaire s'appelait Olympique de Marseille

(*) La victoire contre Lorient en Coupe de la Ligue (3-2, le 26 octobre 2016), et celle en Coupe de France à Biarritz (0-6, 8 janvier 2017), ne sont pas prises en compte.