VIDEO. Pollution de la Seiche: Lactalis promet «de réparer au plus vite»

INTERVIEW Le géant laitier est à l’origine d’un dramatique rejet dans la Seiche et s'exprime pour la première fois par la voix de Bruno Alix, le directeur de l'usine de Retiers...

Propos recueillis par Camille Allain

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La rivière la Seiche, ici à Janzé (Ille-et-Vilaine), le 20 septembre 2017, soit un mois après la pollution de Lactalis.
La rivière la Seiche, ici à Janzé (Ille-et-Vilaine), le 20 septembre 2017, soit un mois après la pollution de Lactalis. — C. Allain / 20 Minutes
  • Un mois après la pollution de la Seiche, la rivière est dans un état catastrophique. Des tonnes de poissons morts ont été repêchés.
  • Le directeur de l'usine Lactalis à l'origine du sinistre s'est exprimé pour la première fois.
  • Lactalis a reconnu son erreur et a promis de la réparer «au plus vite».

A l’image de son PDG, le très discret Emmanuel Besnier, l’entreprise Lactalis n’est pas du genre à multiplier les sorties médiatiques. En août, le nom du géant du lait a pourtant vu sa réputation malmenée, après la dramatique pollution de la Seiche, rivière située au sud de Rennes (Ille-et-Vilaine).

Le rejet dans le cours d’eau de matières polluées a décimé des tonnes de poissons et toute la faune sur au moins huit kilomètres. Un désastre écologique sur lequel Bruno Alix, le directeur de l’usine de Retiers a accepté de revenir pour 20 Minutes.

Un mois après la pollution de la rivière, quelle est la situation ?

C’est une tragédie et nous regrettons évidemment ce sinistre. Notre site emploie 850 personnes et tout le monde ici se sent concerné. Nous avons tout fait pour réduire notre activité au maximum depuis l’incident. Aujourd’hui encore, certains ateliers ne fonctionnent pas à 100 %. Nous avons analysé cet incident technique pour faire en sorte qu’il ne se reproduise pas. L’ensemble des consignes sera transmis aux autres sites du groupe.

La fédération de pêche vous reproche de vouloir payer 15 tonnes de poissons pour vous racheter...

La volonté de Lactalis, c’est de réparer au plus vite pour rétablir le milieu qui a été sinistré par notre pollution. Nous voulons mettre en place des actions rapidement mais nous ne savons pas encore ce qui est pertinent. Nous avons nommé des experts qui mènent des analyses afin de déterminer ce qu’il faut faire. Pour l’instant, je suis bien incapable de dire s’il faudra réintroduire des poissons, ni quand il faudra le faire.

Pouvez-vous nous détailler ce qui a provoqué la pollution ?

On a beaucoup lu qu’il y avait eu un rejet de lactose dans la rivière. Ce n’est pas vrai. Ce qui a été déversé, c’est de l’eau insuffisamment épurée, en raison de la saturation de notre station d’épuration. Cette saturation est due à deux incidents techniques survenus sur un atelier qui extrait le sucre contenu dans le lait. Une quantité anormalement élevée de matière organique est partie dans la rivière, ce qui a causé l’asphyxie des poissons.

Les associations environnementales ont critiqué votre temps de réaction, estimant que vous aviez mis quatre jours à alerter les autorités...

Nous avons été alertés le 22 août au matin que les rejets de la veille avaient été élevés. L’incident sur notre atelier s’est produit le 18 mais nous n’avons eu aucun signe de pollution entre le 18 et le 22 août. Nous avons alerté les autorités et ralenti notre activité au maximum sur le site. Certains ateliers ne sont pas encore revenus à 100 %. Nous collectons un million de litres de lait par jour, nous ne pouvons pas tout stopper comme ça. Mais nous avons respecté le protocole de A à Z.

Le ramassage des poissons morts n’aurait-il pas pu être mieux géré ?

Nous avons été informés de premières mortalités le jeudi à 17 heures [le 24 août]. Dès 19 heures, nous avions des hommes mobilisés pour le ramassage. Nous avons mis à disposition des équipes tout le week-end pour intervenir. Le lundi, nous avons trouvé une entreprise spécialisée qui est intervenue dès le mardi matin.