• La démolition de certains bâtiments sera bientôt interdite à Rennes.
  • La ville souhaite également mieux valoriser son patrimoine du 20e siècle.
  • Les défenseurs du patrimoine sont satisfaits mais restent vigilants.

Pour les promoteurs ou les propriétaires, il sera plus difficile de démolir ou de réaliser des travaux dans les prochaines années à Rennes. Dans son nouveau plan local d’urbanisme (PLU), qui doit entrer en vigueur en 2018 ou 2019, la municipalité a prévu de renforcer la protection de son patrimoine à l’aide d’un cadre réglementaire plus contraignant. Comme toutes les villes, Rennes était déjà dotée d’un système de protection, avec une notation d’une, deux ou trois étoiles suivant la qualité des édifices.

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« Le système actuel fonctionne plutôt bien. Entre 1998 et 2014, seulement 1 % du patrimoine protégé de la ville a ainsi été détruit avec 25 permis de démolir qui ont été délivrés », indique Sébastien Sémeril, premier adjoint au maire chargé de l’urbanisme. « Ce système était plutôt incitatif et nous le souhaitons désormais plus contraignant », poursuit l’élu.

Le patrimoine du 20e siècle désormais protégé

Concrètement, il sera dorénavant interdit de démolir un bâtiment classé 3 étoiles. En 2015, l’hôtel des Demoiselles de la rue d’Antrain, pourtant classé remarquable au plan local d’urbanisme, n’avait pas eu cette chance et avait été détruit pour faire place à des appartements. Pour les bâtiments classés en deux étoiles, la démolition sera, elle, autorisée mais seulement de manière partielle. « Il ne s’agit pas de mettre toute la ville sous cloche mais de conserver les éléments qui façonnent l’âme et l’histoire de la ville », précise Sébastien Sémeril.

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Cette protection s’appliquera bien sûr aux bâtiments historiques mais aussi à des édifices plus modernes comme Le Mabilais, l’ancien siège du groupe France Télécom. La ville profitera au passage de cette nouvelle réglementation pour élargir son inventaire à d’autres éléments comme le patrimoine industriel du XXe siècle, les grands ensembles urbains ou certains espaces paysagers. Ce sont ainsi 2.500 éléments ou parcelles qui seront protégés dans le nouveau PLU, contre 1.200 actuellement.

Les Amis du patrimoine restent vigilants

Pour l’association Les Amis du patrimoine, cette décision va plutôt dans le bon sens. « Cela va permettre de ralentir le rythme des destructions qui se sont multipliées depuis une dizaine d’années », indique Michel Coignard, président de l’association. « Mais nous serons très vigilants sur l’environnement des bâtiments protégés. Ça ne servira à rien de conserver un bâtiment si c’est pour construire des choses incongrues juste à côté », met-il en garde.