Bretagne: Nouvelle action des producteurs de porcs dans une grande surface

AGRICULTURE Les éleveurs dénoncent notamment la baisse des cours…

J.G. avec AFP

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Des porcelets lâchés par des agriculteurs de la FDSEA au rayon charcuterie d'une grande surface de Rennes, le 7 février 2015, pour protester contre la baisse du prix du porc
Des porcelets lâchés par des agriculteurs de la FDSEA au rayon charcuterie d'une grande surface de Rennes, le 7 février 2015, pour protester contre la baisse du prix du porc — Damien Meyer AFP

Alors que les Etats généraux de l’alimentation sont ouverts depuis cet été, les producteurs de porcs sont bien décidés à faire pression sur le Gouvernement. Ce mardi midi, plusieurs éleveurs se sont invités dans les rayons charcuterie d’un hypermarché à Yffiniac dans les Côtes-d’Armor pour vérifier l’étiquetage des produits. « Nous cherchons à déterminer dans les rayons les étiquetages frauduleux ou qui induisent en erreur le consommateur », a expliqué Carole Joliff, présidente de la section porc de la FDSEA des Côtes-d’Armor.

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« Ce qu’on veut montrer, c’est que des entreprises privilégient la viande espagnole au lieu d’utiliser de la viande française », a-t-elle indiqué. Les producteurs français reprochent notamment à des marques françaises, sur pression de la grande distribution, d’aller s’approvisionner en Espagne, accusée de pratiquer du « dumping sur le jambon », ce qui a pour effet de pousser à la baisse les prix à la production en France.

Faire pression sur les grandes surfaces

Pour les producteurs, les Etats généraux de l’alimentation, dont l’objectif est d’assurer un revenu décent aux agriculteurs tout en répartissant plus équitablement la valeur dans la chaîne agroalimentaire, sentent déjà l’opération de communication, sans grand résultat à la clé. « On a de grandes promesses avec les communicants des GMS. Ils se servent de nous, les producteurs, pour leur image de marque. Mais pour conserver leurs marges, ils font pression sur la salaisonnerie qui répercute sur nous », a dénoncé Carole Joliff.

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« On veut alerter l’opinion publique, il ne faut pas que ce soit un leurre. Dans ces États généraux, où est la place du producteur face aux PDG de Danone ou de Système U ? », s’interroge la responsable syndicale.

Les prix décrochent par rapport aux autres pays européens

Les éleveurs s’inquiètent également du décrochage des prix français payés aux producteurs, comparé aux autres bassins de production européens. Depuis quelques mois, « on est en moyenne à 20 centimes par kilo en dessous du prix espagnol et moins douze centimes par rapport à l’Allemagne », a-t-elle rappelé.