VIDEO. La profession agricole fait bloc face aux méthodes chocs de L214

AGRICULTURE Dans les allées du salon international de l’élevage à Rennes, l’association de protection animale cristallise la colère des éleveurs…

Jérôme Gicquel
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Inauguré ce mardi, le Space se tient jusqu'à vendredi au Parc Expo à Rennes.
Inauguré ce mardi, le Space se tient jusqu'à vendredi au Parc Expo à Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • L214 multiplie les vidéos chocs pour dénoncer la maltraitance animale.
  • Réuni à Rennes, le monde agricole dénonce les méthodes de l’association.
  • Pour améliorer leur image, les éleveurs veulent jouer la carte de la transparence.

De souvenirs d’éleveurs, on a connu des ouvertures plus agitées. En visite ce mardi dans les allées du Salon international des productions animales (Space) à Rennes, le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert aura eu droit à une matinée plutôt calme, échappant aux huées et aux manifestations qui avaient ponctué la visite de certains ministres.

Si la colère du monde agricole semble plus retenue cette année, il n’y a qu’à prononcer le nom de L214 dans les allées pour la voir aussitôt ressurgir. A coup de vidéos chocs tournées en caméra cachée, l’association s’est fait connaître du grand public en dénonçant la maltraitance animale dans les abattoirs et les élevages français. Ces scandales à répétition ont encore terni l’image déjà écornée des agriculteurs et jeté l’opprobre sur l’ensemble de la profession.

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Les agriculteurs blessés par les accusations

Face à ces attaques, le monde agricole a décidé de réagir par la voix de ses représentants syndicaux. « Les accusations de cette association sont insupportables et ont blessé les agriculteurs. Cela remet en cause l’existence même de leur métier. Un éleveur, c’est quelqu’un qui aime ses bêtes, sinon il ne ferait pas ce métier-là », réagit Thierry Couet, président de la Fédération régionale du syndicat des exploitants agricoles.

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Même son de cloche chez Marcel Denieul, président de la Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine à la tête du Space. « Nous n’acceptons pas cette prise d’otage morale de la part de militants extrémistes. N’en déplaisent à certains, les agriculteurs sont des êtres dotés de sensibilité qui défendent des valeurs humanistes », assure Marcel Denieul, qui a profité de la venue du ministre pour lui demander « son soutien et sa fermeté » pour défendre la profession. « Je ne doute pas que la quasi-totalité des producteurs sont soucieux du bien-être animal, c’est leur source de revenu après tout », lui a répondu le ministre.

« Améliorer nos pratiques pour plus de transparence »

Dans les travées du salon, les vidéos de L214 restent encore en travers de la gorge de certains. « Ils prennent un cas de maltraitance et ils généralisent ça à tous les éleveurs, c’est vraiment dégueulasse. Je ne dis pas que tout le monde est clean dans le métier, mais ça représente vraiment une infime minorité », déplore Philippe, éleveur de vaches charolaises en Ille-et-Vilaine. « Les images ne font que refléter les conditions dans les élevages et les abattoirs qui sont particulièrement atroces », se défend Brigitte Gothière, porte-parole de L214, qui était présente à Rennes lundi pour un débat sur l’alimentation.

Sans cautionner l’idéologie ni les pratiques de L214, certains éleveurs voient de tout de même un point positif dans ces scandales. « Il y a parfois des dérives et il ne faut pas les nier. Cela nous incite à améliorer encore nos pratiques pour être encore plus transparent auprès du consommateur », assure Thierry, producteur laitier dans la Manche.