Stade Rennais: Gerzino Nyamsi «pourrait faire comme Kimpembe au PSG», affirme son frère

FOOTBALL Le jeune défenseur central des Rouge et Noir a assuré pour sa première en Ligue 1...

Jeremy Goujon

— 

Gerzino Nyamsi (à g.) n'a pas tremblé face aux attaquants marseillais.
Gerzino Nyamsi (à g.) n'a pas tremblé face aux attaquants marseillais. — B. Horvat / AFP
  • Titulaire à Marseille, le novice, arrivé au SRFC en 2003, a livré « un match parfait » selon Christian Gourcuff.
  • Âgé de 20 ans, Nyamsi fut à deux doigts de quitter son club formateur, quand il n'évoluait alors qu'avec l'équipe C.
  • Mais il a tenu bon grâce au soutien et aux conseils de sa famille, son grand frère Serge en tête.

Jeanne Mas n’a pas chanté qu’En rouge et noir, elle a aussi commis Toute première fois. En parlant de ça, Gerzino Nyamsi n’est pas près d’oublier son dépucelage en Ligue 1.

Encensé par Gourcuff

Titularisé dans l’axe de la défense du Stade Rennais face à l’OM, en compagnie de son « jumeau » Joris Gnagnon (les deux joueurs ont éclos à huit jours d’intervalle, en janvier 1997), le natif de Saint-Brieuc a rendu une copie plus qu’honorable. « Je tiens à souligner le match d’un garçon qui n’avait fait que des matches en CFA, Gerzino Nyamsi. Il a fait un match parfait, il n’était pas dépaysé », déclarait l’entraîneur Christian Gourcuff après le triomphe breton au Vélodrome (1-3).

Une enceinte mythique dont l’ambiance n’a pas effrayé l’intéressé, bien au contraire. « À notre arrivée au stade, on a entendu les supporters marseillais nous siffler, voire nous insulter. Ça galvanise, ça donne envie de se surpasser », témoignait ainsi Nyamsi sur le site du SRFC. Pour sa découverte de la L1, celui qui doit son prénom au légendaire attaquant brésilien Jairzinho a donc assuré.

De la DSE à la Ligue 1 en un an

Devant son poste de télévision, il en est un qui a apprécié en connaisseur. « Il a été très costaud, même si au début, il était un peu timide, analyse le grand frère Serge Nyamsi (27 ans), également défenseur central en Ille-et-Vilaine (à Guichen, en National 3). Ses interventions furent bien musclées, et dans ses passes, ses relances, c’était propre. » De quoi faire la fierté de l’ensemble de la famille, à commencer par un papa qui rêvait de « regarder ses fils à la télé », après être passé tout proche d’une carrière internationale avec le Cameroun.

« Malheureusement, une grosse blessure l’en a empêché et l’a contraint à arrêter le foot, confie Serge Nyamsi. Gerzino aussi est passé par pas mal de blessures. Il y a un an, ça me faisait mal au cœur de le voir évoluer encore en DSE [le 7e échelon national], mais je lui disais de ne pas lâcher [le jeune joueur a songé à quitter le club et rejoindre le monde amateur]. Avec mon père, qui l’a également beaucoup conseillé, on lui faisait : "Après toutes ces années, ce n’est pas aujourd’hui que ça va s’arrêter." Il a continué à travailler, et avec la foi, ça a payé. »

L’exemple Joris Gnagnon

Le plus dur attend désormais le néo-professionnel (depuis mai 2017), « pur élément du Stade Rennais » (il y est arrivé à l’âge de six ans) révélé par Julien Stéphan en équipe réserve. Ayant profité ce week-end des absences de Ramy Bensebaini (touché à la hanche) et Edson Mexer (cuisse), Gerzino Nyamsi va devoir confirmer. « S’il continue à sortir de gros matchs, ça va être compliqué pour le coach, sourit Serge Nyamsi. Ça pourrait faire comme Kimpembe au PSG. Franchement, il a toutes les qualités pour s’installer, à l’instar de Gnagnon. »

A lire aussi: Impérial contre Toulouse (en 2016-2017), le Rennais Joris Gnagnon «essaye de ne pas (se) mettre de pression»

La victoire à Marseille a en tout cas donné des idées au frangin. « C’est pour ces moments-là que je fais du foot, affirme "Gerzi". Ça restera quoiqu’il arrive un super souvenir, qui, je l’espère, en appellera d’autres. »