Rennes : Le musée de Bretagne déterre ses trésors et les expose dans son musée virtuel

CULTURE Plus de 600.000 œuvres sont rangées dans les réserves des Champs Libres…

Camille Allain

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Chantier de numérisation du musée de Bretagne, société Manzara, 2017.
Chantier de numérisation du musée de Bretagne, société Manzara, 2017. — Alain Amet / Musée de Bretagne
  • Le musée de Bretagne ouvre un musée virtuel le 16 septembre.
  • 150.000 œuvres y seront présentées, sur les 600.000 que compte le musée.
  • La numérisation a demandé un travail colossal.

En 40 ans d’existence, le musée de Bretagne s’est constitué une impressionnante collection d’archives évaluée à environ 600.000 objets, dont 400.000 négatifs photographiques. Un trésor méconnu qui reste malheureusement caché dans des réserves toute l’année, faute de pouvoir être exposé.

Plus de 150.000 œuvres numérisées

Pour valoriser ce patrimoine exceptionnel, la direction de l’établissement a profité de la refonte de son site internet pour créer un musée virtuel, qui sera mis en ligne le 16 septembre à l’occasion des Journées du patrimoine. « Nous avons déjà répertorié 150.000 œuvres, dont environ 100.000 images. C’était un travail colossal de numérisation », rapporte Céline Chanas. En 2015, une inondation avait touché les réserves, rappelant l’urgence de conserver ces œuvres.

Mise en boite des sardines – Paul Géniaux (1873-1929), vers 1900 .
Mise en boite des sardines – Paul Géniaux (1873-1929), vers 1900 . - Marque du domaine public – Collections du musée de Bretagne et de l'Écomusée du Pays de Rennes

Pour la directrice de l’établissement, ce musée virtuel est avant tout « un voyage » offert à tous les curieux. « Nous avons beau nous creuser la tête, il y a toujours des gens que l’on n’arrive pas à attirer dans les musées. Ce site, c’est une nouvelle façon d’aller vers le public », poursuit la directrice. Cartes postales anciennes, silex de la Préhistoire ou photos de la Bretagne à la fin du XIXe siècle seront accessibles au plus grand nombre

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Mobilisés depuis plusieurs années sur ce projet, les conservateurs ont en plus dû gérer la complexe question des licences. « Notre objectif, c’est de partager ces œuvres donc on essaie de les proposer en creative commons dans la mesure du possible », poursuit Céline Chanas. Il faut pour cela avoir l’accord du donateur ou de ses ayants droit. Un travail de fourmi à renouveler pour chacune des 600.000 œuvres mais qui permet à tout le monde de s’en saisir.

Déjà fort de 150.000 pièces, ce musée virtuel devrait être enrichi de 70.000 nouveaux ouvrages chaque année. Notons au passage que le musée (le réel cette fois-ci) rouvrira ses portes mardi matin après une fermeture pour travaux. Et proposera fin octobre une grande exposition sur la magie et la sorcellerie.