Rennes: Le patron de la BAC condamné à 10 mois de prison avec sursis pour des violences et des mensonges

JUSTICE Le policier expérimenté avait frappé un homme au visage à coup de genou...

Camille Allain

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La brigade anticriminalité (BAC) de Rennes ici en intervention en marge d'une manifestation.
La brigade anticriminalité (BAC) de Rennes ici en intervention en marge d'une manifestation. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Le patron de la BAC de Rennes a été condamné pour un coup de genou lors d’une interpellation
  • Le policier a été enregistré par les caméras de vidéosurveillance
  • Il avait ensuite bâclé son PV d’interpellation et porté plainte

« Je voulais le sortir du bar. Ce coup de genou, c’était pour le désorienter. Je n’avais aucune intention de lui faire mal ». Le tribunal écoute. « Mais pourquoi ne pas l’avoir mentionné dans votre PV d’interpellation ? Pourquoi avoir porté plainte contre ce jeune homme ? Vous savez où cela aurait pu le mener ? ». Une semaine après l’audience du policier, le tribunal correctionnel a décidé de condamner le patron de la BAC de Rennes à 10 mois de prison avec sursis pour pour « violences, dénonciation calomnieuse et faux en écriture », suivant en cela les réquisitions du parquet. Il devra aussi verser à la victime 1.800 euros d'amende au titre du préjudice moral.

Le 5 mai, ce policier expérimenté passé par le RAID et le GIPN avait procédé à une interpellation « musclée » et avait asséné un coup de genou au visage d’un petit dealer qui ne semblait pourtant pas résister. La scène avait été entièrement filmée par les caméras de vidéosurveillance du bar du secteur de Sarah Bernhardt, dans le sud de Rennes. « Après avoir vu ça, on peut se poser la question de la légitimité », avait lancé la présidente.

« Je reconnais que j’ai fait une faute »

Poursuivi pour violences, le policier était également jugé pour dénonciation calomnieuse et faux en écriture. Au retour de l’intervention, il avait porté plainte contre le trafiquant pour des présumés coups que personne n’a vu. Il avait également demandé à un collègue de taper le PV à sa place, truffé d’irrégularités et omettant de nombreux détails de l’interpellation. « J’étais fatigué. Je reconnais que j’ai fait une faute. J’ai failli », avait admis le policier à la barre.

Lors de l’audience, le procureur de la République Nicolas Jacquet avait requis cette peine. « Vous avez fait en sorte de cacher ce que vous avez fait. Ce que je regrette, c’est que vous n’ayez pas assumé », avait déclaré le procureur, avant de s’adresser au tribunal. « Ce que vous avez à juger c’est un dysfonctionnement individuel. Cette affaire ne doit pas jeter le discrédit sur la police ou sur la brigade anticriminalité ».

« Ça me fait bizarre »

Déjà rétrogradé, le patron de la BAC devrait également faire face à une sanction disciplinaire en interne. « Finir comme ça, ça me fait bizarre. Ce n’est pas l’image que j’ai représentée pendant 30 ans », avait déclaré le policier, jamais condamné au cours de sa carrière.