Rennes: La méconnue vallée de la Vilaine veut séduire les citadins

AMENAGEMENT Le projet d'aménagement est présenté lors d’une balade à vélo ce week-end...  

Camille Allain

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Le moulin de Champcors à Bruz, dans la vallée de la Vilaine. Lancer le diaporama
Le moulin de Champcors à Bruz, dans la vallée de la Vilaine. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Un projet de valorisation de la vallée de la Vilaine a commencé il y a quelques années
  • Des balades à vélo sont organisées ce week-end pour faire connaître les lieux
  • Rennes Métropole voudrait populariser la vallée et la rendre plus attractive

Vous connaissez sans doute le chemin de halage qui borde la Vilaine, les étangs d’Apigné ou le moulin du Boël. Ces sites très prisés des Rennais en quête de nature jouissent déjà d’une bonne renommée. Mais la Métropole, qui travaille sur un grand projet d’aménagement de la Vallée de la Vilaine, ne s’en contente pas. Les élus ont plusieurs fois exprimé le souhait de voir l’activité touristique se développer autour de la rivière, tout en conservant l’âme sauvage du lieu.

« Pas le budget pour faire des aménagements »

Ce week-end, l’agence de paysagistes Ter et le collectif Cuesta en charge de ce projet organisent deux jours de balades à vélo intitulées « La grande traversée » pour présenter leurs idées. « Nous n’avons pas le budget pour faire des aménagements coûteux, donc notre esprit c’est surtout de valoriser l’existant. Nous avons réfléchi à des itinéraires qui relient les acteurs entre eux », explique Agathe Ottavi, fondatrice de Cuesta.

De Rennes à Laillé, les cyclistes découvriront la vallée de la Vilaine au détour de 45 kilomètres sortant des sentiers battus. Des itinéraires plus courts serpentent également au milieu des innombrables étangs. « Avoir la nature aussi proche de la ville, c’est exceptionnel. Il faut conserver ce lieu de respiration », poursuit Agathe Ottavi. Lors du vote au conseil de Rennes Métropole en 2016, les élus avaient retenu plusieurs pistes, et notamment celle de créer un nouvel espace de baignade à hauteur de Cicé, ou encore un renforcement des activités de loisirs sur le site du Boël. Un lieu de bivouac, qui sera étrenné samedi soir, est également dans les tuyaux.

« Je ne veux pas que ça devienne un parc d’attractions »

Habitant de Cleunay, Gilles n’a qu’à franchir le vacarme de la rocade pour profiter de cette nature. Il vient régulièrement à la Prévalaye pour se promener. « C’est un endroit formidable, il faut le préserver. Je ne veux surtout pas que ça devienne un parc d’attractions pour citadins », témoigne le Rennais.

Matthieu et Laurie Vallais sont maraîchers au Rheu, dans la vallée de la Vilaine.
Matthieu et Laurie Vallais sont maraîchers au Rheu, dans la vallée de la Vilaine. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Dans la Vallée de la Vilaine, plusieurs acteurs pourraient également profiter de la mise en place de ces nouveaux itinéraires, qui devraient drainer piétons, cyclistes ou simples curieux. « Nous sommes au milieu de ce projet. Je crois que ça peut être bon pour l’image, pour la notoriété », explique Emmanuel Pivan, propriétaire de la minoterie de Champcors, à Bruz. Depuis 2013, l’homme vend sa farine aux particuliers. « Les gens s’arrêtent, discutent. On se fait connaître. »

« Il y a des villes-dortoirs qui pourraient en profiter »

A quelques kilomètres de là, Laurie et Matthieu Vallais, ont ouvert Le Rheu Maraîchers, un magasin de vente directe, situé en bord de route. « On touche les automobilistes qui rentrent de Rennes, mais pas de piétons ou de cyclistes, car il n’y a pas d’aménagements pour eux », explique le couple, qui a repris l’exploitation il y a 11 ans. De Rennes à Laillé, plusieurs petites communes pourraient ainsi attirer les urbains, le temps d’un après-midi à la campagne. « Il y a quelques villes-dortoirs qui pourraient en profiter », assure la responsable du collectif Cuesta.