Rennes: Le meurtrier présumé de Kylian, 13 ans, étranglé «pour un regard» dans la cour du collège, devant les assises

JUSTICE Les faits s’étaient déroulés en juin 2012 à Cleunay…

Camille Allain

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Des fleurs avaient été déposées devant le collège de Cleunay, à Rennes, où Kylian était inscrit. Ici en juin 2012.
Des fleurs avaient été déposées devant le collège de Cleunay, à Rennes, où Kylian était inscrit. Ici en juin 2012. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes
  • Kylian, 13 ans, était mort dans la cour de son collège à Cleunay en 2012
  • Son agresseur, un élève de 16 ans, sera jugé par la cour d'assises
  • Le procès s'annonce très douloureux pour les familles

C’était il y a cinq ans. Kylian, 13 ans, décédait dans la nuit du 22 au 23 juin 2012 à l’hôpital Sud de Rennes, où il avait été admis quelques heures plus tôt dans un état désespéré. Elève brillant du collège de Cleunay, le jeune adolescent avait été pris le jour-même dans une bagarre dans la cour de l’établissement.

Après quelques coups, son agresseur avait posé ses mains sur son cou et l’avait étranglé, jusqu’à le tuer. Après deux ans de détention provisoire, cet ancien élève du collège comparaîtra libre devant la cour d’assises.

« Ils n’arrivent pas à oublier »

L’audience, qui se déroulera à huis clos, sera une épreuve terrible pour ses parents. « Ça va être très douloureux et je ne sais pas s’ils vont pouvoir l’endurer. Ils ne se sont pas remis de la mort de Kylian, ils n’arrivent pas à oublier », témoigne Maryvonne Lozachmeur. L’avocate de la famille du garçon a beau porter la robe depuis plus de 40 ans, elle avoue que cette affaire « lui remue les tripes ». « C’est très difficile de prendre du recul émotionnel ».

Mercredi, la famille verra pour la première fois le visage de celui qui a tué leur enfant. Ce collégien sans histoire d’origine tchétchène, âgé de 16 ans au moment des faits, ne connaissait pas Kylian. « Ils ne s’étaient jamais parlé », assure l’avocat du prévenu Antoine Vey. L’enquête a révélé que l’altercation avait débuté à cause « d’un mauvais regard » sur le chemin des toilettes.

« C’était une bagarre d’école stupide pour un motif futile comme il y en a des dizaines. Sauf que celle-ci a eu des conséquences dramatiques. Mon client n’a jamais eu l’intention de tuer Kylian. Il angoisse, mais il veut le dire aux parents », tente de convaincre Antoine Vey.

« Il ne savait pas qu’il était en train de le tuer »

Homicide volontaire ou involontaire ? Pendant trois jours, les débats devant la cour d’assises devraient s’articuler autour de cette question. A l’issue du drame, plusieurs témoins avaient évoqué « le regard déterminé » de l’agresseur. « Mon client pensait que Kylian se débattait. Il ne savait pas qu’il s’agissait de spasmes et qu’il était en train de le tuer », défend l’avocat du prévenu.

Bon élève et apprécié de tous, Kylian venait d’intégrer le centre de formation du Stade Rennais où il jouait gardien de but. Surnommé « papa » par ses camarades de classe, l’adolescent aimait « protéger les autres ». « Il avait demandé à ses parents que ses organes soient donnés s’il lui arrivait quelque chose. Vous connaissez beaucoup d’enfants de 13 ans capables de dire ça ? », interroge son avocate. Le garçon n’imaginait pas que ses parents seraient confrontés à la question si rapidement. « Il y a des valeurs humaines inimaginables dans cette famille », assure Maryvonne Lozachmeur.

Les débats doivent durer trois jours. Mineur au moment des faits, le prévenu encourt 20 ans de prison. Le verdict est attendu vendredi.