VIDEO. Avec la LGV, la Bretagne intègre le club des plages les plus proches de Paris

TOURISME Saint-Malo et Saint-Brieuc ne seront plus qu’à 2 h 10 de la capitale…

Camille Allain

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La plage de Bon-Secours à Saint-Malo, ici en juillet 2016.
La plage de Bon-Secours à Saint-Malo, ici en juillet 2016. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Saint-Malo et Saint-Brieuc vont concurrencer Deauville.
  • Les stations balnéaires de Bretagne espèrent capter les touristes parisiens.

Paris Montparnasse, 11 h 56. Saint-Malo, 14 h 13. Dimanche, les Parisiens amoureux de Saint-Malo pourront voir la mer en 2 h 17. Grâce à la LGV, la cité corsaire devient l’une des plages les plus proches de la capitale par le train, en concurrence avec Deauville, notamment.

Une belle opportunité pour les professionnels du tourisme. « On ne va pas tout révolutionner, beaucoup de Franciliens nous connaissent déjà. Mais je pense que l’on va pouvoir les fidéliser et attirer de nouveaux visiteurs », estime Laurence Bozzuffi, directrice de l’office de tourisme de Saint-Malo.

« La SNCF nous promet un déferlement »

Site emblématique de la Bretagne, la cité corsaire attire chaque année de 2,5 à 2,8 millions de touristes, dont 30 % originaires d’Ile-de-France. « Ils viennent se ressourcer, prendre un bol d’air pur », poursuit la directrice. Avec l’arrivée de la LGV, la proportion pourrait encore croître. « Il y a une tendance aux séjours courts qui se décident au dernier moment. C’est là que l’on gagne en attractivité », assure Laurence Bozzuffi.

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Si la perspective ravit les professionnels, elle inquiète un peu les habitants, qui craignent l’envahissement. « L’été, je pense que ça ne va rien changer. Les gens ne programment pas leurs vacances parce qu’ils gagnent une demi-heure de trajet », assume Laurence Bozzuffi. « Je regarderai avant tout le tarif. Le temps de trajet, c’est confortable mais pas à n’importe quel prix », témoigne Pauline, 28 ans, Malouine expatriée à Paris.

Des enfants jouent sur la plage de Saint-Malo.
Des enfants jouent sur la plage de Saint-Malo. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

A quelques dizaines de kilomètres à l’ouest de la cité corsaire, une autre ville bretonne espère profiter de l’effet LGV. Moins cotée, Saint-Brieuc a lancé une grosse campagne de communication à destination des Parisiens, avec une vidéo montrant un kitesurfeur dans les rues de la capitale. « Ça nous offre une attractivité supplémentaire. La SNCF nous promet un déferlement », avance Mickaël Cosson, adjoint au tourisme à Saint-Brieuc Agglomération.

Des loyers plus modérés

A la différence de Saint-Malo, déjà rompu à l’exercice, la préfecture des Côtes-d’Armor a beaucoup travaillé à l’accueil de la clientèle parisienne. « Nous avons revu notre offre de transport autour de la gare, ouvert des lignes de bus, des locations de vélos électriques, travaillé avec les taxis », poursuit l’élu.

Pour être attractive, la baie de Saint-Brieuc mise aussi sur son « authenticité ». « Nous avons ici la terre et la mer. C’est un cadre de vie privilégié », assure l’élu. A l’inverse de Saint-Malo, la cité briochine peut aussi se vanter de proposer des loyers « plus modérés » que sur la côte d’Emeraude, qui pourraient convaincre des urbains de venir s’installer définitivement. Premier bilan attendu fin août.