Face à la sécheresse, Rennes puise dans ses réserves en eau potable

ENVIRONNEMENT Certaines opérations de pompage ont dû être suspendues...

Camille Allain

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Le barrage de la Chèze, à Saint-Thurial, alimente Rennes en eau potable.
Le barrage de la Chèze, à Saint-Thurial, alimente Rennes en eau potable. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Les pluies ont été très faibles l'hiver dernier
  • De nombreuses restrictions d'eau sont en vigueur
  • Rennes fournit de l'eau potable à ses voisins en pénurie

L’usine de production d’eau potable de Villejean a beau être en travaux, elle n’a jamais connu un tel rendement. Depuis le début de l’année, elle a plusieurs fois battu son record, en traitant jusqu’à 90 000 m3 d’eau par jour. Les Rennais seraient-ils assoiffés ? Pas plus que les autres. En faisant turbiner sa principale usine, la capitale bretonne vient en fait en aide aux autres territoires d’Ille-et-Vilaine frappés par la sécheresse.

« Ils auraient subi des ruptures »

Vitré, Montauban-de-Bretagne ou encore Gahard ont ainsi profité de la solidarité rennaise à plusieurs reprises. « Si on ne les avait pas aidés, ils auraient subi des ruptures », assure Jean Ronsin, chargé des infrastructures pour la société publique locale Eau du bassin rennais.

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Après un hiver très sec qui n’a pas permis de recharger correctement les points d’eau, la situation interroge les autorités, notamment après la soudaine vague de chaleur. « Nous avons dû arrêter le prélèvement dans le Meu il y a quelques jours et nous allons devoir stopper le pompage dans le Couesnon rapidement », explique David Clausse, directeur de la SPL.

L’été ne serait pas menacé

Doit-on craindre des coupures d’eau à Rennes si l’été s’annonce sec ? « Non, nous avons de la réserve pour plusieurs mois. C’est plutôt pour l’année prochaine que nous nous inquiétons. Il faut absolument préserver la ressource », martèle Yannick Nadesan, adjoint à la ville de Rennes chargé du dossier.

Au-delà de la sensibilisation de la population, Eau du bassin rennais mise également sur les investissements dans ses infrastructures pour tenter de limiter les pertes. Le distributeur estime que 13 % de ce qu’elle pompe se perd dans les canalisations vieillissantes. « C’est un bon score. Ailleurs, ce chiffre grimpe à 30, voire 40 % », poursuit Yannick Nadesan.

En attendant la pluie, l’usine de production de Villejean profite de cette politique d’investissement pour couvrir ses bassins de traitement des eaux. Les responsables du site veulent ainsi éviter de voir des oiseaux se promener au-dessus des réserves ou de voir des algues se développer. « On améliore aussi le goût et la saveur de l’eau », assure Stéphane Louasil, responsable du pôle production de l’usine.