VIDEO. Bretagne: Il invente un bateau capable de prendre la route

INNOVATION Le prototype sera dévoilé en fin d’année avant une commercialisation à l’été 2018…

Jérôme Gicquel
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Le Tringaboat peut rouler sur route à la vitesse maximale de 16 km/h.
Le Tringaboat peut rouler sur route à la vitesse maximale de 16 km/h. — Tringaboat
  • Un décret autorise désormais la circulation de bateaux sur le domaine routier.
  • Conçu dans les Côtes d'Armor, le Tringaboat sera le premier bateau à circuler.
  • Son inventeur espère simplifier le quotidien des plaisanciers.

Il faudra bientôt s’habituer à voir rouler des bateaux sur la route. Un arrêté ministériel publié le 10 mars autorise en effet la circulation des bateaux amphibies sur le domaine public routier. C’est à un Breton que l’on doit en partie cette décision. Ingénieur mécanique de formation et plaisancier à ses heures, Guirec Daniel planche depuis 2011 sur un bateau révolutionnaire, baptisé le Tringaboat.

« C’est un bateau de plaisance classique qui peut bien sûr naviguer en mer mais aussi rouler sur la route », explique son fondateur. Actuellement en cours de fabrication à Perros-Guirec dans les Côtes d’Armor, le prototype sera dévoilé au mois de décembre avant une commercialisation prévue à l’été 2018. Il sera vendu 90.000 euros, « soit le prix d’un bateau de plaisance haut de gamme ». Autorisé à rouler à une vitesse maximale de 16km/h sur une distance de 10 kilomètres maximum, il pourra accueillir quatre passagers sur la route et six en mer. Une fois le bateau dans l’eau, il suffit juste d’appuyer sur un bouton pour replier les roues.

La galère pour avoir une place dans un port

« Je réalise un peu le rêve de tous les plaisanciers », assure Guirec Daniel, sans fausse modestie. « La mise à l’eau d’un bateau est toujours galère à effectuer. Il faut en plus avoir une remorque », souligne-t-il. Avec le Tringaboat, finie également la longue attente avant d’espérer décrocher un jour une place dans un port de plaisance. « J’y ai été souvent confronté. On a toujours refusé de me prendre dans les autres régions que la Bretagne. Sans compter que cela a aussi un coût avec des tarifs souvent très chers », précise l’inventeur breton, qui a investi plus de 350.000 euros sur ses deniers personnels pour concevoir le bateau.

Un investissement que Guirec Daniel espère vite faire fructifier auprès d’une clientèle internationale. Mais avant cela, il faudra que le plaisancier se montre convaincant pour faire modifier, comme cela a été le cas en France, le code de la route dans les différents. Faute de quoi, le Tringaboat ne pourra pas circuler sur la route et perdra donc toute sa singularité.