Bretagne: Pour redresser ses comptes, la Sécu traque la fraude aux arrêts de travail

SANTE Une grande vague de contrôles a été menée mercredi…

Camille Allain

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Le logo de l'Assurance Maladie devant un batiment de la Caisse primaire d'Assurance Maladie (CPAM), en 2012
Le logo de l'Assurance Maladie devant un batiment de la Caisse primaire d'Assurance Maladie (CPAM), en 2012 — Fred Dufour AFP

Toc, toc, toc. Qui est-là ? C’est la Sécu. Mercredi, des agents de la CPAM ont procédé à une importante vague de contrôles au domicile des assurés d’Ille-et-Vilaine, des Côtes d’Armor et du Finistère. Objectif ? Vérifier la présence à leur domicile des personnes en arrêts de travail.

30 % des malades étaient absents

Assignés à résidence de 9h à 11h et de 14h à 16h, les malades et blessés étaient pourtant nombreux à être absents de leur domicile mercredi. « Sur 238 personnes contrôlées, 30 % étaient absentes », assure Caroline Bonnet, directrice adjointe de la CPAM 35. Conséquences pour elles ? « Nous suspendons immédiatement le versement des indemnités », poursuit la responsable. Et seul un médecin, un kiné ou un autre praticien pourra justifier votre absence. « L’arrêt maladie doit permettre au patient de se soigner, de se reposer ou de se rééduquer. Pas de faire autre chose. »

Si ces contrôles sont régulièrement menés tout au long de l’année, l’opération coup de poing de mercredi avait un caractère beaucoup plus rare. Très attentive à ses dépenses, la Sécurité sociale a vu le nombre d’arrêts de travail grimper ces dernières années. Plus 3 % en 2014, +3,2 % en 2015, +3,4 % en 2016 et… + 8 % pour le premier trimestre 2017 en Ille-et-Vilaine. En 2016, cela représentait une dépense de 460 millions d’euros rien qu’en Bretagne. « Ce n’est pas une traque. Nous voulons simplement éviter les dérives, les dérapages », témoigne Sylvie Dancoisne.

Médecin-conseil, elle travaille au sein du service médical de la CPAM, chargé de contrôler les abus d’arrêts de travail. « Il y a beaucoup de patients qui bénéficient d’arrêts de longue durée. Mais il faut savoir que plus ce temps est long, plus il est difficile de reprendre une activité. »

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En Ille-et-Vilaine, plus de 11.400 assurés ont été convoqués l’an dernier (pour 87.000 arrêts de travail au total). Dans 35 % des cas, la CPAM a donné un avis défavorable et ordonné une reprise anticipée du travail. Certains ont même été épinglés pour avoir travaillé au noir pendant leur arrêt maladie.

Stress, dépression ?

Si la Sécurité sociale voit ses dépenses augmenter depuis quelques années, elle peine à savoir pourquoi. Stress, burn-out, fraude en hausse ? « Nous savons que la population en âge de travailler vieillit, et est donc plus susceptible d’être arrêtée », résume Sylvie Dancoisne. En 2016 en Ille-et-Vilaine, 18 % des arrêts de longue durée étaient liés à des « troubles mentaux », comme la dépression ou le burn-out.