Rennes: Vélos, piétons, autos.... la délicate équation pour partager la route

TRANSPORTS La Fête du vélo mettra à l’honneur le deux-roues samedi…

Camille Allain

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Illustration de cyclistes, circulant ici sur une piste cyclable boulevard de Chézy à Rennes.
Illustration de cyclistes, circulant ici sur une piste cyclable boulevard de Chézy à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Les cyclistes sont de plus en plus nombreux à Rennes. Il suffit de lever les yeux pour s’en apercevoir. D’après les comptages menés par la ville, on observe une progression du nombre de déplacements à vélo de 11 % chaque année, soit une hausse de 50 % depuis 2011. Une tendance boostée par le succès des vélos électriques et qui va dans le bon sens mais qui met en lumière les difficultés de circulation dans la capitale bretonne.

Pour accompagner le succès du deux-roues, la ville tente ici et là d’aménager des itinéraires cyclables, que les habitants seront invités à découvrir le samedi 10 juin, à l’occasion de la Fête du vélo. Mais la cohabitation avec les voitures n’est pas toujours simple. « Le principal frein à la pratique du vélo, c’est le sentiment d’insécurité. Il faut des aménagements dédiés et un meilleur partage de l’espace public. Regardez la place dédiée à la voiture », argumente Charles Levillain, membre de l’association Rayons d’action.

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Mais en face, les automobilistes ont souvent le sentiment d’être pointés du doigt. « On fait tout pour nous barrer la route », constate un homme à bord de son utilitaire. Sur le boulevard de Chézy par exemple, la ville a instauré un double sens cyclable, réduisant la circulation automobile sur une voie.

« Un enjeu de santé publique »

Les cyclistes apprécient, les piétons aussi, les voitures ralentissent. « Il y a un enjeu de santé publique. On nous traite parfois de bobos, mais il faut encourager les changements de mode de déplacement. Plus on aura de cyclistes et de piétons et plus les gens qui sont obligés de prendre leur voiture auront un trafic fluide », assure l’adjointe à la mobilité Sylviane Rault.

La rivalité entre vélos et voitures n’est d’ailleurs pas la seule que l’élue doit gérer. Elle admet avoir reçu plusieurs courriers de piétons se plaignant de la présence de vélos sur les trottoirs. « C’est tout l’enjeu d’avoir de bons aménagements. Certaines bandes cyclables sont utilisées pour se garer, pour les livraisons. Elles servent à tout le monde sauf aux vélos. Il y a de mauvais comportements, c’est certain, mais comprenez qu’un cycliste préfère se faire engueuler que de se faire percuter », tempère Charles Levillain.

Bientôt un réseau express de 16 kilomètres

Depuis sa naissance, son association Rayons d’action milite pour la création de grands axes sécurisés, permettant de quadriller la ville, voire la métropole. Un réseau express de 16 kilomètres desservant le centre-ville et les principales zones d’activité sera prochainement créé. « On amènerait beaucoup de gens à se mettre au vélo en proposant des itinéraires sécurisés. Avec quelques travaux, on pourrait facilement relier Chantepie, Saint-Jacques, Saint-Grégoire, Cesson ou même Noyal-Châtillon », avance le membre de Rayons d’action.

Des aménagements, la ville a plutôt intérêt à en faire si elle veut atteindre son objectif. En 2020, 20 % des déplacements dans la ville devraient se faire à bicyclette si l’on en croit le plan vélo signé en 2015, soit plus que l’exemplaire Strasbourg. « Ambitieux » pour certains. « Irréalisable » pour d’autres.