Stade Brestois: «On n'est pas devenus nuls à chier en quinze jours», martèle le légendaire Bruno Grougi

INTERVIEW Le capitaine du SB29 rameute ses troupes avant les deux dernières journées de Ligue 2, décisives pour la montée...

Propos recueillis par Jeremy Goujon

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Bruno Grougi et son gardien Joan Hartock, après un match de Coupe de France en janvier 2013.
Bruno Grougi et son gardien Joan Hartock, après un match de Coupe de France en janvier 2013. — J.-S. Evrard / AFP
  • Éjecté du podium de L2 la semaine dernière, Brest reste sur trois revers d'affilée avant de se rendre à Bourg-en-Bresse, vendredi soir.
  • « Le match de la saison » selon l'emblème du club finistérien, Bruno Grougi.

Qu’est-ce qui se passe au Stade Brestois ? Leader de Ligue 2 au soir de la 33e journée, avec cinq points d’avance sur le 4e, le club breton vient de concéder trois défaites consécutives face à des concurrents directs (Amiens, Troyes, Nîmes).

Alors qu’elle avait toujours squatté les quatre premières places du classement depuis août, l’équipe de Jean-Marc Furlan (5e) est maintenant tributaire des autres prétendants à l’accession en L1. Mais avant d’aller défier Bourg-en-Bresse, vendredi (20 h 30), la légende locale Bruno Grougi n’entend pas « baisser les bras »…

La « peur de la montée » a-t-elle rattrapé un groupe pas programmé pour au départ ?

Oui, il y a beaucoup de ça. Il nous manque un peu d’expérience et de recul pour gérer cette pression. Si on a joué de malchance lors des dernières échéances, on a aussi été trop tendus pour faire basculer les résultats en notre faveur.

La qualité des adversaires y est également pour quelque chose…

C’est sûr ! D’ailleurs, et sans critiquer qui que ce soit, on aurait gagné si on avait rencontré des adversaires moins forts. Après, c’est plus le match d’Amiens qui m’embête un peu [2-3, le 22 avril]. J’ai encore des images en tête : on mène [2-1], et puis on s’énerve, on commet beaucoup de fautes, dont celles qui amènent les deux derniers buts… À Troyes [1-0, 29 avril], il n’y a pas de regrets à avoir : ils étaient nettement supérieurs, et nous, pas bons du tout. Contre Nîmes, en revanche [2-3, 6 mai], on réalise une très bonne performance, ce qui me donne plus d’espoir.

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Être passé de la première à la 5e place durant le money time n’a-t-il cependant pas fragilisé le groupe ?

Il ne faut pas se le cacher, la série en cours a vachement affecté les joueurs. Il y a encore une semaine, on avait le luxe d’être maîtres de notre destin, et là, ce n’est plus le cas.

Sur certains forums, les supporters les plus virulents vont jusqu’à parler de « sabotage ». Qu’avez-vous à leur répondre ?

J’ai eu écho, en effet, de certaines choses, mais pour moi, aucun joueur n’a saboté le bateau (sic). Étant donné l’énorme déception que j’ai vue sur les visages et les paroles prononcées après le match [face à Nîmes], ce n’est pas possible. On a dominé le championnat pendant une longue partie, et je peux vous dire qu’il y a une grosse envie de monter dans le vestiaire, parce qu’on sait ce que ça peut procurer.

Il y a aussi les fans qui veulent voir le SB29 remonter dès cette saison, et ceux qui préfèrent attendre un an ou plus en raison des structures du club…

Je fais partie des gens qui considèrent qu’il faut saisir l’occasion dès qu’elle se présente. C’est vrai, le club a encore besoin de se structurer, mais l’arrivée de la Ligue 1 peut le lui permettre. Il faut donc foncer !

En tant que capitaine, que comptez-vous faire pour rebooster vos coéquipiers ?

Déjà, j’ai envie de les encourager encore plus. On n’est pas moribonds, ni devenus nuls à chier en 15 jours. Encore une fois, on fait de bonnes prestations, mais on n’est pas payés. Il faut donc en faire plus pour être récompensés. Mais le message que j’ai surtout envie de faire passer aux joueurs et à l’entourage du club, c’est : « Arrêtez de nous parler des autres [candidats au podium] ! ».

C’est-à-dire ?

Ces derniers temps, malheureusement, on les a trop regardés. La programmation des rencontres faisait aussi qu’on jouait après eux, donc inconsciemment, on regardait leurs résultats. Et ça, ce n’est pas bon, ça pollue… Déjà, tu dépenses un peu d’énergie en regardant les autres, et en plus, tu te mets inutilement une pression supplémentaire. Il faut vraiment qu’on arrive à se reconcentrer sur nous-mêmes et continuer à s’acharner au travail. On verra alors où on en sera après s’être donnés à fond sur les deux derniers matchs.

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Avec six clubs encore en course pour la Ligue 1, c’est quand même un championnat complètement fou…

Je suis le premier à dire que Strasbourg mérite d’être champion [le Racing est actuellement leader avec trois unités de plus qu’Amiens et Troyes]. C’est l’équipe qui m’a le plus marqué, mais malgré tout, elle peut encore finir hors du podium ! C’est pour ça que c’est un championnat complètement dingo (sic), cette année…

Bourg-en-Bresse ayant assuré son maintien lors de la précédente journée, vous attendez-vous à un hôte démobilisé vendredi soir ?

Pas du tout ! Cette équipe possède de très bons joueurs, et comme elle sait qu’on ne ferme pas le jeu, elle va avoir envie de se faire plaisir et de jouer au ballon. Je m’attends à une formation très ambitieuse, et pour aller plus loin, c’est pour moi le match de la saison. C’est comme ça que je le prépare depuis samedi dernier, et ce, quel que soit l’adversaire qui pouvait se présenter devant nous ce week-end.

Pour conclure, un Brest-Lorient en barrages, ce serait sympa, non ?

Ah non, non, non ! Je veux bien un Brest-Dijon, mais laisser les Lorientais en L1, ce serait mieux (sourire). De toute façon, ils sont bien partis pour se maintenir, je ne m’en fais pas pour eux.