Culture de la lose: S'il te plaît le Rennes Volley, ne fais pas comme le Stade Rennais...

SPORT Les joueurs de Nikola Matijasevic s'apprêtent à disputer leur 3e finale dans un laps de temps restreint, après avoir perdu les deux premières...

Jeremy Goujon

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Le capitaine rennais Gérald Hardy-Dessources durant la finale de Coupe de France 2016, finalement perdue face à Ajaccio.
Le capitaine rennais Gérald Hardy-Dessources durant la finale de Coupe de France 2016, finalement perdue face à Ajaccio. — J. Crosnier / FFVB

« Le Rennes Volley 35, ne serait-ce que par le public, les sponsors, la ville, n’a rien à faire en Ligue B. » Ainsi parlait l’attaquant-réceptionneur Olivier Ragondet dans les colonnes de Ouest-France, à la suite de la qualification du club breton pour la finale d’accession en Ligue A.

On imagine aisément son… attaquant-réceptionneur de frère, Emmanuel Ragondet, tenir le même discours à l’AS Cannes, adversaire des Rennais samedi après-midi à Paris (14 h 30).

Un cador en grand danger

Sacrée championne de France à dix reprises, lauréate de sept Coupes de France et de deux Coupes d’Europe, l’institution azuréenne est ce qu’on appelle un chef-d’œuvre en péril, puisqu’en ne terminant que 11e sur 12 en LAM, elle fut contrainte de disputer les… play-off de l’échelon inférieur, afin de sauver sa peau dans l’élite (vous suivez ?).

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« Il y a eu beaucoup de surprises cette saison, mais la plus grosse, c’est celle-ci. Cannes qui risque de descendre, c'est bizarre », avance auprès de 20 Minutes l’entraîneur rennais Nikola Matijasevic. Cela ferait également tout drôle, sans doute, de voir Rennes, que d’aucuns considèrent déjà comme « une équipe de Ligue A » (le coach cannois Arnaud Josserand en tête), buter sur l’ultime marche pour la troisième fois en l’espace de 14 mois.

Un esprit de revanche

Si ses voisins footballeurs n’y arrivent pas au Stade de France (trois revers entre 2009 et 2014), la troupe du capitaine Gérald Hardy-Dessources semble, elle, maudite dans la salle Pierre-de-Coubertin (*) : défaite en finale de Coupe de France face à Ajaccio en mars 2016 (alors qu’elle était à deux points du titre dans le 5e set), puis rebelote début mai contre Nice en finale des play-off de Ligue B (là encore au tie-break, et malgré deux balles de match).

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« Les joueurs qui étaient là l’année dernière, je les sens revanchards, assure Matijasevic. Ils abordent cette troisième finale en se disant : "Cette fois, c’est la bonne". On n’évoque pas trop ce qui s’est déroulé l’an passé, sinon, ce serait contre-productif, et ça pourrait réveiller de très mauvais souvenirs. » Il faut dire que sa formation, intouchable ou presque durant la saison régulière (« On était tellement sur un nuage »), avait été victime d’une refonte absconse du championnat… laquelle empêcha le leader de (re)monter directement - Rennes est en LBM depuis 2014.

Un proverbe à contredire

« Là, c’est plus chaotique, il y a eu des hauts et des bas [les Bretilliens n’ont fini "que" 3es au classement], reprend Nikola Matijasevic. Je pense que c’est plus facile d’aborder une finale sans être favori, même si je ne suis pas partisan de phrases du genre : "On n’a rien à perdre". On aura autant de motivation et d’envie que Cannes, si ce n’est plus. Car on veut montrer à tout le monde qu’on n’est pas des petits bras. »

Au terme, pratiquement, de son premier exercice en tant que président du Rennes Volley 35, Bruno Coeurdray déclare pourtant qu’un nouvel échec ne serait pas synonyme de « fin du monde ».

« Mais on a extrêmement envie d’accéder à la Ligue A, concède le successeur de Thibault Mativet, pour tous les partenaires qui nous suivent, pour le public, pour les joueurs qui ont beaucoup donné. » Et pour éviter d’être atteint du syndrome Stade Rennais (#JamaisDeuxSansTrois)…

(*) C’est à Coubertin que Rennes a jusqu’ici remporté le seul titre majeur de son histoire : la Coupe de France 2012, avec pour capitaine Sébastien Frangolacci.