Bretons

Il a envoyé son chien ?

Brezhoneg Si les Bretons confondent les verbes apporter, emmener et envoyer, c’est qu’ils renvoient à un seul mot en breton, kas, et son dérivé degas...

Maiwenn Raynaudon-Kerzerho - Bretons

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Il a envoyé son chien !
Il a envoyé son chien ! — Bretons

C’est un quiproquo classique dont sont victimes les visiteurs et les néo-Bretons. Si, dans la cuisine, votre voisin vous demande tout à coup : “Envoie-moi le sel !”, pas besoin de le lui balancer à travers la pièce. En réalité, le cuisinier souhaite que vous lui apportiez la salière. De même, si un enfant affamé dit qu’il a envoyé son goûter, ne regardez pas dans la boîte aux lettres. Il veut simplement signifier qu’il a apporté un quatre-heures. Ici, il n’est pas rare d’entendre qu’on a emmené ses devoirs à la maison ou envoyé son chien avec soi en balade.
Les Bretons semblent avoir du mal à assimiler la différence entre les verbes apporter, emmener, amener ou envoyer. La raison ? Tous ces mots se traduisent en breton par le verbe kas, et sa déclinaison degas. Kas désigne un mouvement vers l’extérieur, quand degas exprime au contraire un mouvement vers soi. Ensuite, ce sont les prépositions, très nombreuses en breton, qui font la différence. Kas gant, c’est apporter. Kas da, ce sera plutôt amener.
Avec ce système, le sens du mot kas est en réalité incroyablement large. Conduire, mener, poster, expédier… Tous ces verbes peuvent se traduire par kas. Jusqu’à parfois créer de jolies images. Degas da soñj, rapporter à l’idée, signifie ainsi rappeler. Et kas da-benn, envoyer au bout, tout simplement terminer, réussir.

Bretons n°131 - mai 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

Retrouvez cet article dans le magazine Bretons de mai 2017.

 

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