Le nouvel entraîneur du Stade Lavallois Thierry Goudet, tout sourire en mai 2003 lors de la montée du Mans en Ligue 1.
Le nouvel entraîneur du Stade Lavallois Thierry Goudet, tout sourire en mai 2003 lors de la montée du Mans en Ligue 1. — J.-P. Clatot / AFP

FOOTBALL

Ligue 2: «Depuis le temps qu'il devait y être...», les légendes du Stade Lavallois saluent le retour de Thierry Goudet

La figure emblématique du club mayennais succède à Marco Simone et a six matchs pour sauver les Tango de la relégation...

« Vous pouvez me rappeler demain [ce mercredi] ? Là, je suis en réunion. » Contacté mardi soir par 20 Minutes, Thierry Goudet a joué les cachottiers. Son sourire au bout du fil trahit néanmoins l’information, qui sera officialisée ce matin (à 9 h 30, selon France Bleu) : l’entraîneur mayennais remplace Marco Simone sur le banc de touche du Stade Lavallois (Ligue 2), le technicien italien ayant donné son accord pour passer la main.

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Enfin prophète en son pays

Un retour aux sources, donc, pour le natif de Château-Gontier (54 ans), coach de neuf équipes différentes depuis la fin de sa carrière de joueur, en 1994… mais jamais, jusqu’à ce jour, de Laval, son club formateur. « Étant donné qu’il a le cœur tango, on aurait pu penser qu’il pouvait occuper ce rôle-là il y a quelques années déjà. Dommage que ça se produise si tardivement », nous confie Michel Le Milinaire. « Je suis étonné que cela n’arrive que maintenant pour Thierry. Depuis le temps qu’il devait y être… Il faut une âme dans ce club, et ne pas oublier tout ce qui a été fait par les anciens », abonde Michel Sorin.

Entre légendes lavalloises, on se félicite par conséquent de la nomination de Goudet, libre depuis un passage éclair à l’AFC Tubize (D2 belge), l’été dernier. « Je suis très content pour lui, affirme Le Milinaire, et c’est une très bonne chose pour le club. On revient à des habitudes de vie qu’on connaît à Laval. Thierry connaît bien le football en général, et peut-être davantage encore celui de deuxième division. »

La Belle Époque

« C’est super, je suis très content pour lui, reprend mot pour mot Sorin. C’est quelqu’un d’intéressant, doublé d’un gros bosseur. Au Mans [décembre 2000-février 2004], il avait fait de très belles choses, même si ça s’est mal terminé. » Une autre voix historique partage l’avis en question. « C’est très bien pour Thierry et super pour le Stade Lavallois, même si, personnellement, je n’avais rien contre Simone », avoue ainsi Patrick Delamontagne.

Goudet, Le Milinaire, Sorin, Delamontagne : autant de noms qui rappellent des souvenirs aux supporters du Stade Rennais, mais qui renvoient surtout à l’époque glorieuse du « SL », capable par exemple - et malgré de faibles moyens - de se qualifier pour une Coupe d’Europe et d’y éliminer une grosse cylindrée (le Dynamo Kiev, en 1983-1984). Trois décennies plus tard, l’actualité est moins rose pour les Tango.

Fort dans sa tête

Lanterne rouge de L2 (aucune victoire sur les onze dernières journées), reléguée à quatre points de l'actuel barragiste Orléans, la formation mayennaise se rapproche dangereusement du National, là où elle est déjà descendue en 2006. Ce qui induit l’interrogation suivante : Thierry Goudet, troisième coach utilisé cette saison par le président Duraincie (Denis Zanko avait été écarté en novembre 2016), est-il vraiment le Messie, alors qu’il ne reste plus que six matchs pour éviter la relégation ?

« Le pari est difficile. On dit toujours que tout est possible, mais l’opération va quand même être extrêmement délicate. Je pense toutefois que l’équipe est entre de bonnes mains. Thierry connaît le contexte, l’esprit, l’ambiance… Les conditions sont donc réunies pour un sauvetage », lance d’abord Michel Le Milinaire. « Au niveau mental, il sait se battre jusqu’au bout. Il a toujours prouvé, déjà en tant que joueur, que rien n’était fini. Il n’a rien à perdre, et pour motiver des gens, il est assez fort », estime ensuite Michel Sorin.

Thierry, be (vraiment) good

« C’est un meneur, un peu comme Didier Deschamps. Il peut être l’homme de la situation pour l’avenir (sic). Y compris à court terme ? C’est vrai que ça fait un peu tard, mais il a déjà réussi dans des cas comme ça. Il va y arriver, il n’y a pas de raison », considère enfin Patrick Delamontagne.

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En résumé, Thierry Goudet est good. Mais il sera better si Laval s’impose devant Reims, vendredi soir (20 h)…