Rennes: Le monde agricole en a ras-le-bol des charges et le fait savoir aux candidats

SOCIAL Le collectif Agri-Agro Bretagne s’est rassemblé ce mardi midi devant l’Hôtel des impôts…

Jérôme Gicquel
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Les manifestants ont enfilé les masques des 11 candidats à l'élection présidentielle devant l'Hôtel des impôts à Rennes.
Les manifestants ont enfilé les masques des 11 candidats à l'élection présidentielle devant l'Hôtel des impôts à Rennes. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

« Raz les charges ! ». C’est derrière ce slogan qu’une cinquantaine de représentants du monde agricole et agroalimentaire se sont rassemblés ce mardi midi devant l’Hôtel des impôts à Rennes. Déjà à l’origine de la fronde bretonne contre l’écotaxe, le collectif Agri-Agro Bretagne a profité de cette action symbolique pour alerter les candidats à la présidentielle sur « les distorsions de concurrence sociale et fiscale » qui pèsent sur les agriculteurs français par rapport à leurs voisins européens.

« On a toujours l’art de compliquer les choses en France », résume Patrick Fairier, président de la coopérative agricole du Gouessant dans les Côtes d’Armor. « A cause de toutes ces normes et de cette surcharge administrative, l’agriculture française a perdu en compétitivité. Cela se traduit par des fermetures d’abattoirs, des pertes d’emplois et malheureusement des drames dans la profession », souligne le chef d’entreprise.

« L’agriculture n’est plus un enjeu stratégique pour nos politiques »

Autant de doléances que les responsables agricoles avaient eu l’occasion de faire remonter fin mars à l’occasion du congrès de la FNSEA, où sept candidats à la présidentielle se sont succédé sur scène. « Ils nous ont écoutés et cela a au moins eu le mérite de les faire parler d’agriculture pendant cette campagne », souligne Thierry Merret, président de la FDSEA dans le Finistère.

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« Mais le problème, c’est que nos responsables politiques ne considèrent plus l’agriculture comme un enjeu stratégique à l’inverse de certains pays européens. Il y a eu beaucoup d’annonces au cours des deux derniers quinquennats mais cela ne se concrétise pas », poursuit le syndicaliste, qui craint « une mort à petit feu de l’agriculture française ».

« Nous libérer des lourdeurs et des boulets »

« On a pourtant des atouts dans cette région et des produits à valoriser à l’export. Mais il faut pour cela nous libérer des lourdeurs et des boulets que l’on traîne depuis trop longtemps », assure Patrick Fairier.

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Après la campagne présidentielle, le collectif Agri-Agro n’entend pas se mettre en sourdine et a déjà prévu d’alerter les candidats aux législatives sur les difficultés auxquelles sont confrontés les exploitants agricoles et les entreprises agroalimentaires dans le pays.