Rennes: Le numérique recrute, les entreprises à la pêche aux candidats

EMPLOI Un millier de postes ont été créés l’an dernier dans le domaine…

Camille Allain

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En pleine croissance, la société Klaxoon chercher à recruter cinquante personnes. Ici lors d'un forum emploi, en avril 2017 à Rennes.
En pleine croissance, la société Klaxoon chercher à recruter cinquante personnes. Ici lors d'un forum emploi, en avril 2017 à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Depuis novembre 2014 et l’obtention du label French Tech, les territoires de Rennes et Saint-Malo semblent avoir pris le bon couloir dans la course au numérique. D’après une étude menée par l’Audiar (agence d’urbanisme de Rennes), 950 emplois auraient été créés en 2016 dans le secteur du numérique en Ille-et-Vilaine, soit plus que les années 2014 et 2015 réunies.

« On avait affiché l’objectif de 1.000 emplois créés par an. Si l’on comptabilise l’emploi public et les auto-entrepreneurs, on les dépasse largement », lance, satisfaite, Gaëlle Andro, vice-présidente de Rennes Métropole en charge du développement économique.

Au total, un millier d’entreprises employant 27.000 salariés ont été recensées dans le département. Un autre indicateur semble confirmer la bonne santé du secteur. En 2016, les levées de fonds des start-up ont affiché des records, dépassant les 35 millions d’euros et quadruplant le chiffre de l’année précédente. « Et le début de l’année 2017 s’annonce déjà très bon », embraye Stanislas Hintzy, le patron de la French Tech.

« C’est compliqué dans certains domaines »

Ces indicateurs au beau fixe masquent cependant une nouvelle tendance sur le bassin d’emplois rennais. Si les entreprises du numérique recrutent, elles ont parfois toutes les peines du monde à ferrer le bon profil.

« C’est compliqué dans certains domaines », reconnaît Matthieu Beucher, patron de Klaxoon. Sa solution innovante pour animer les réunions fait un tel carton qu’il faudra à sa société recruter 50 personnes en 2017. Pas mal pour une start-up qui compte 120 salariés.

Directeur général de la société de data Ariase Group, Bertrand Jermann est dans une situation similaire. En pleine croissance, son entreprise, qui compte 90 salariés, ambitionne de recruter 50 personnes en 2017 : « On arrive à convaincre des gens qui avaient de gros salaires et de gros avantages. Ils font des concessions pour tenter l’expérience de l’entreprise émergente. On leur offre beaucoup plus de libertés. »

Des locaux tous beaux, ça joue

A l’étroit dans leurs locaux, Ariase Group et Klaxoon n’ont pas hésité à déménager dans de beaux locaux pour convaincre les talents. « On essaie de rendre la boîte sympa. On le voit quand nos clients viennent chez nous. Il y a un effet waouh. Les Parisiens sont souvent surpris de voir comment nous sommes installés », poursuit Bertrand Jermann.

La plupart des entreprises du numérique espèrent aussi gagner en attractivité avec l’arrivée de la LGV en juillet et le regain de forme du marché de l’emploi sur le bassin rennais. « On ne chasse pas les talents comme ça se fait à Paris, car nous voulons garder les gens sur le long terme. Mais c’est plus facile de convaincre quelqu’un si on peut lui promettre un travail pour son conjoint », conclut Matthieu Beucher.