Rennes: Un enseignant condamné pour des agressions sexuelles sur son fils

JUSTICE Il a écopé de trois ans de prison ferme avec un suivi socio-judiciaire de sept ans...

Jérôme Gicquel
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Illustration d'une salle d'audience au tribunal correctionnel de Rennes.
Illustration d'une salle d'audience au tribunal correctionnel de Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Un père dans le déni ou un fils qui affabule ? C’est la douloureuse question à laquelle devait répondre le tribunal correctionnel de Rennes qui examinait ce mardi après-midi une affaire d’agressions sexuelles commises dans un cadre familial. Sur le banc des accusés, un ancien professeur d’EPS du collège Andrée Récipon à Orgères (Ille-et-Vilaine) qui avait déjà été condamné en 2006 à deux ans de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques.

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Suspendu en mars 2015 par l’Education nationale suite au retentissement de l’affaire de Villefontaine, l’homme de 46 ans, est accusé d’avoir agressé sexuellement son fils entre 2003 et 2006 à Bruz. La victime avait alors entre cinq et huit ans au moment des faits. Une autre agression sexuelle aurait également eu lieu en 2010 lors de vacances dans le sud de la France.

Le père nie les agressions sexuelles sur son enfant

Dès le début de l’audience, le prévenu, en récidive, a reconnu la détention de plus de 13.000 images pédopornographiques retrouvées sur son ordinateur par les enquêteurs. Il a en revanche nié les agressions sexuelles sur son enfant, qu’il avait à l’époque en garde alternée. « Je n’ai absolument rien fait, je suis incapable de faire du mal à quelqu’un », a-t-il déclaré à la barre, mettant en cause la parole de son fils. « C’est un enfant qui est pris en otage et qui est manipulé par sa mère depuis notre divorce », a-t-il ajouté.

Le fils, aujourd’hui âgé de 18 ans, a quant à lui livré une tout autre version des faits, affirmant que son père lui avait fait subir des attouchements ainsi que des fellations. « J’ai essayé d’oublier tout ça mais je n’ai jamais réussi. Ces faits sont très graves et je ne les aurai jamais inventés », a-t-il déclaré à l’audience.

« Si j’ai parlé de tout ça, c’est pour que mon père s’en sorte »

« Bousillé par la vie » selon les termes de son avocate Me Marie Grimaud, le fils a depuis les faits reproduit des agissements similaires sur son frère et sa sœur. « S’il tient à moi, j’espère qu’il avouera comme moi j’ai avoué pour mes bêtises. Si j’ai parlé de tout ça, c’est pour que mon père s’en sorte, se soigne et me revoit s’il le souhaite », a déclaré le fils à la barre.

Des aveux qui ne sortiront finalement pas de la bouche du père, campant sur ses positions tout au long de l’audience. Le tribunal l'a finalement condamné à trois ans de prison ferme, avec obligation d'un suivi socio-judiciaire pendant sept ans. Il a par ailleurs interdiction d'exercer toute activité avec des mineurs pendant dix ans.