Algues vertes: L’affaire du joggeur décédé à Hillion classée sans suite

ENVIRONNEMENT Le procureur de Saint-Brieuc estime que les causes médicales de la mort ne sont pas clairement déterminées…

Jérôme Gicquel

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La baie de Locquirec (Finistère) envahie par les algues vertes, le 9 septembre 2013
La baie de Locquirec (Finistère) envahie par les algues vertes, le 9 septembre 2013 — Fred Tanneau AFP

« On ne saura jamais clairement de quoi est mort cet homme ». Procureur de la République de Saint-Brieuc, Bertrand Leclerc a décidé lundi matin de classer sans suite l’enquête préliminaire ouverte après la mort d’un joggeur envasé jusqu’à la taille le 8 septembre dernier dans l’estuaire du Gouessant à Hillion (Côtes d’Armor), rapporte Ouest-France.

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Le drame s’était produit dans le secteur où 36 sangliers avaient été retrouvés morts à l’été 2011. Plusieurs associations environnementales étaient alors montées au créneau en dénonçant la responsabilité des algues vertes dans la mort de cet homme de 50 ans. « Les causes médicales de la mort ne sont pas clairement déterminées. Il n’est pas possible d’établir un lien de causalité direct entre le décès et les algues vertes », a indiqué le procureur, qui a reçu lundi matin la veuve de la victime.

L’endroit considéré comme dangereux

Classée sans suite, l’enquête préliminaire conclut toutefois que la vasière du Gouessant peut s’avérer en certains endroits très dangereuse en raison de la présence d’hydrogène sulfuré, un gaz produit par les algues en décomposition. Courant décembre, neuf médecins et spécialiste étaient sortis de leur silence pour contester les conclusions du parquet de Saint-Brieuc qui avait expliqué quelques jours plus tôt « ne pas pouvoir déterminer clairement » les causes du décès du joggeur.

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Les scientifiques avaient à l’époque affirmé que l’homme était « décédé d’une intoxication aiguë au sulfure d’hydrogène » et que les algues vertes étaient donc bien responsables de sa mort. « Rejeter le diagnostic d’intoxication au sulfure d’hydrogène, c’était dès le début une erreur dans le cas de ce décès soudain d’un joggeur en pleine forme, sans antécédent de santé, trouvé gisant dans les vases du Gouessant, bien connues pour être très chargées en sulfure d’hydrogène » avaient indiqué les neuf chercheurs.