Vis ma vie sur le banc: «Entraîner une DH est aussi stressant que coacher une Ligue 2»

FOOTBALL Le technicien mayennais Oswald Tanchot, qui a récemment prolongé son contrat avec Le Havre, se souvient de ses années passées à La Vitréenne...

Jeremy Goujon

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Oswald Tanchot lors du match de Coupe de France entre Guingamp et Le Havre, le 7 janvier 2017.
Oswald Tanchot lors du match de Coupe de France entre Guingamp et Le Havre, le 7 janvier 2017. — F. Tanneau / AFP

Il a prolongé son contrat avec Le Havre AC pour trois saisons supplémentaires le 23 mars 2017, moins de six mois après avoir été propulsé au rang d’entraîneur n°1 du club doyen (après le départ de l’Américain Bob Bradley). Lui, c’est Oswald Tanchot (43 ans), ancien joueur du Stade Lavallois devenu coach à Vitré, en 2005. De la Division d’Honneur à la Ligue 2, il n’y a donc qu’un pas, allègrement franchi par le technicien mayennais.

Sur le renouvellement du bail. « À partir du moment où le président [Vincent Volpe] m’avait fait part de son envie de poursuivre notre collaboration - ça date d’il y a quelques semaines - il était évident qu’on allait trouver un accord, déclare Tanchot auprès de 20 Minutes.

J’ai ressenti de la satisfaction parce qu’on me fait confiance pour piloter le projet du HAC, mais ce sentiment-là passe très vite. Une fois qu’on a signé, ce qui prédomine, c’est de se mettre au travail, et essayer tout de suite de se projeter sur la première intersaison qui arrive. Ça part dès maintenant ! L’objectif sera d’abord de créer un esprit d’équipe, lequel nous permettra plus tard d’être ambitieux dans le jeu. Tout se construit là-dessus. »

Sur le scepticisme ambiant. « Les gens peuvent être surpris, mais le fait d’annoncer : "On joue la montée", ça veut tout et rien dire à la fois. Il faut quand même prendre en compte qu’on a perdu un potentiel important de buts via deux attaquants, qui n’ont pas été remplacés. Je parle de Lys Mousset [parti à Bournemouth] et Joseph Mendes [Reading]. On s’est beaucoup cachés derrière la saison dernière, où on avait un joueur [Mousset] qui nous tirait fortement vers le haut [deuxième meilleur buteur de L2 avec 14 réalisations]. Or, le relais n’a pas été suffisamment pris.

Quand on en prend cinq à domicile en Coupe de la Ligue, face à Châteauroux [2-5, le 23 août 2016], ça montre que l’équipe était déjà capable d’avoir des trous d’air. Ce qui me dérange, c’est que le cap a été perdu pour des problématiques individuelles. On a oublié des fondamentaux qui font que, sur le terrain, on a connu un gros passage à vide [dix matchs consécutifs sans victoire en championnat entre le 19 novembre et le 6 février]. Trop gros, en tout cas, pour prétendre à quoi que ce soit… à moins de réussir une fin de saison canon [sur le podium mi-novembre, Le Havre est actuellement 11e à neuf points de Strasbourg, éventuel barragiste pour l’accession en Ligue 1]. »

Sur le chemin parcouru depuis plus de onze ans. « Les choses se font sans trop qu’on y réfléchisse. Je travaillais déjà en DH dans l’idée d’amener mon équipe le plus haut possible. C’est ce que j’ai essayé de faire avec La Vitréenne [de 2005 à 2011], au Poiré-sur-Vie [entre 2011 et 2015], et c’est ce que je vais essayer de faire au Havre… sans établir de plan de carrière.

C’est comme pour les joueurs : quand on bosse bien, on est récompensés collectivement, et tout le monde en tire des fruits individuellement. Je suis dans un club qui me semble adapté à ma personnalité et à ma façon de travailler, donc j’espère qu’on atteindra les objectifs ensemble. »

Sur son passage à Vitré. « Déjà, ce sont de bons souvenirs humains. Il y a eu de belles rencontres avec des gens passionnés, et quand je me remémore ces années-là, je n’ai que de bonnes pensées. Même en étant en Ligue 2 aujourd’hui, je me rends compte avec le recul que j’entraînais de bons mecs… et de bons joueurs ! Car sportivement aussi, il y a eu beaucoup de bons moments [deux montées successives, de la DH au CFA, par exemple].

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Après, c’est vrai que mon exigence et mon ambition pouvaient à l’époque devenir problématiques. J’avais déjà une vision très professionnelle des choses. Jusqu’au bout, on m’a accompagné dans ce qu’il était possible de faire. Quand les possibilités ne furent justement plus les mêmes, il était temps de se séparer. Mais ce qui compte, c’est de respecter l’engagement pris et donner le maximum. »

Sur les affres du métier. « Entraîner une DH est aussi stressant que coacher une Ligue 2. Quand on est sur le banc, ce sont vraiment les mêmes sensations. La seule chose qui diffère, c’est l’environnement autour des matchs. Mais le match en lui-même, sa préparation… c’est pareil, ça reste 90 minutes pour gagner et on est concentrés là-dessus. Déjà, à Vitré, on faisait beaucoup d’entraînements, on préparait les rencontres - évidemment, pas avec les mêmes moyens humains ni matériels, mais la passion était identique. »