Rennes: Sept ans de prison requis contre le «Madoff breton»

JUSTICE Le procès de Jean-Jacques Defaix pour escroquerie se poursuit jusqu’au 31 mars…

J.G. avec AFP

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Illustration du tribunal de grande instance de Rennes, au sein de la Cité judiciaire.
Illustration du tribunal de grande instance de Rennes, au sein de la Cité judiciaire. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Le procès de Jean-Jacques Defaix, surnommé le « Madoff breton » et soupçonné d’avoir escroqué 1.500 épargnants pour plus de 34 millions d’euros, arrive à son terme. Vendredi, une peine de sept ans d’emprisonnement a été requise à l’encontre de cet homme de 69 ans dont le procès-fleuve s’est ouvert le 9 mars devant la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Rennes.

Jugé avec quinze autres prévenus pour « escroquerie en bande organisée, blanchiment et participation à une association de malfaiteurs », Jean-Jacques Defaix est notamment soupçonné d’avoir mis en place un système pyramidal frauduleux permettant de rémunérer des investisseurs avec les apports de nouveaux arrivants, le tout avec la promesse de rendements allant jusqu’à plus de 6 %.

Une partie de l’argent investie en Chine

« Une cavalerie financière », a dénoncé le procureur, Arnaud Marie, dans son réquisitoire, au détriment de « petits épargnants, petits souscripteurs », séduits par des placements que des brochures présentaient comme « éthiques », et permettant de « sauver l’emploi » dans leur région. Le modèle économique mis en place par Jean-Jacques Defaix consistait en des coopératives destinées à recevoir l’argent des souscripteurs pour l’investir dans des PME ayant du mal à trouver des financements bancaires.

Or l’instruction avait notamment mis en lumière des flux financiers depuis les comptes des coopératives en direction de la Chine, pour près de 6 millions d’euros, où Jean-Jacques Defaix avait un projet de complexe touristique. Outre la peine de sept ans de prison, le procureur a requis à l’encontre de Jean-Jacques Defaix un mandat de dépôt, et éventuellement une « interdiction de gérer ». Le « Madoff breton », qui a nié au cours du procès « la moindre escroquerie », assurera lui-même sa défense la semaine prochaine. Le procès est prévu pour durer jusqu’au 31 mars.