«Pour ne rien vous cacher, on était assez confiants», Rennes y a cru pour le Mondial 2023

RUGBY Déception dans la capitale bretonne, qui aurait pu accueillir des matchs de la Coupe du monde...

Jeremy Goujon

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Même la légende sud-africaine Bryan Habana, ici au Roazhon Park le 18 juin 2016, a l'air déçue.
Même la légende sud-africaine Bryan Habana, ici au Roazhon Park le 18 juin 2016, a l'air déçue. — D. Meyer / AFP

La nouvelle est tombée le 17 mars : Rennes ne fait pas partie des douze villes retenues par la Fédération française, en vue de l’organisation de la Coupe du monde 2023 - dont le pays hôte sera désigné en novembre prochain (l’Irlande et l’Afrique du Sud sont également sur les rangs).

La Beaujoire > Roazhon Park

« Il y a redondance avec Nantes, avait alors expliqué à Ouest-France le directeur du projet de candidature, Claude Atcher. C’était compliqué d’organiser une dizaine de matchs dans ces deux villes trop proches l’une de l’autre. » Si le discours officiel repose donc sur un argument géographique, l’adjoint aux sports rennais Yvon Léziart retient également l’aspect mercantile de la décision.

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« Le public potentiel est important pour ce genre d’événement, pose l’élu, joint mardi par 20 Minutes. Je rappelle que la dernière finale du Top 14 s’est déroulée au Camp Nou [à Barcelone], devant 98.000 personnes [99.124 pour être précis]. Le stade de la Beaujoire contient 8.000 places de plus que le Roazhon Park, et quand on pense en termes de logique commerciale, ça peut effectivement jouer. »

Les voyants étaient au vert

Malgré une concurrence sévère, l’espérance était pourtant de mise côté bretillien. D’autant plus après le succès populaire engendré par les demi-finales du championnat de France, disputées route de Lorient en juin 2016 (57.950 spectateurs sur deux jours).

« Pour ne rien vous cacher, on était assez confiants, révèle ainsi Léziart. On s’était appuyés sur la réussite de l’an passé, reconnue par le monde du rugby, et sur le fait que le Comité de Bretagne est en progression par rapport au nombre de licenciés, particulièrement chez les jeunes. En soi, le dossier rennais n’est pas du tout contesté par la Fédération, mais il fallait bien faire un choix. Et outre la proximité, le poids économique, matérialisé par les 8.000 places supplémentaires à Nantes, a sans doute pesé lourdement dans la balance. »

Heureusement, il y a les femmes

Résultat des courses, c’est une deuxième compétition internationale d’envergure qui file sous le nez de la capitale bretonne, après l’Euro 2016. Où il était déjà question d’argent, finalement. « Les contraintes exigées par l’UEFA étaient extrêmement lourdes. En tant que politique, il faut aussi réfléchir à la suite de l’événement. À l’époque, il s’agissait de savoir si cela valait le coup d’investir autant pour avoir quelques matchs, et ensuite en subir les conséquences financières. Je pense que le choix effectué par mon prédécesseur, Sébastien Sémeril, était tout à fait responsable », conclut Yvon Léziart.

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Deux jolis lots de consolation footballistiques (et planétaires) attendent en tout cas Rennes : la Coupe du monde féminine U20 en 2018, également prévue dans trois autres communes de la région (Saint-Brieuc, Saint-Malo, Vannes) ; et surtout, le Mondial 2019, pour lequel le chef-lieu d’Ille-et-Vilaine abritera six rencontres.