VIDEO. Gouvernement: Apprécié à gauche comme à droite, Le Drian hérite des Affaires étrangères et de l'Europe

POLITIQUE Le président de la région Bretagne était auparavant ministre de la Défense...

Camille Allain

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Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, ici le 12 décembre 2016 lors de la visite du pôle d'excellence cyber.
Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, ici le 12 décembre 2016 lors de la visite du pôle d'excellence cyber. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

C’était un homme attendu dans l’équipe d’Emmanuel Macron. Dix jours après la victoire du candidat d’En marche !, Jean-Yves Le Drian est l’un des seuls rescapés du mandat de François Hollande. Ancien ministre de la Défense, le Breton hérite cette fois du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

S’il n’était pas le ministre le plus connu à ses débuts au sein du gouvernement Hollande, Jean-Yves Le Drian est sans doute aujourd’hui l’un des plus appréciés. « Il a un réseau incroyable. C’est quelqu’un qui est respecté par des gens de droite comme de gauche. Il n’a pas vraiment d’ennemi », résume Benjamin Keltz, auteur du livre « Le phénomène Le Drian ».

« Le Drian n’est pas hautain »

Accompagné de Nicolas Legendre, le journaliste rennais a enquêté pendant un an sur le parcours et la personnalité du ministre de la Défense. « Le Drian n’est pas hautain. Il a cette capacité à s’intéresser à tout le monde. Il peut autant parler à un chef d’Etat qu’à un grand patron ou au client d’un bistrot de Guingamp. Mais il a aussi un côté tueur. Il peut flinguer quelqu’un d’un regard », poursuit le journaliste.

Cette capacité d’écoute, Jean-Yves Le Drian l’a peut-être héritée de sa jeunesse dans les milieux chrétiens. Né à Lanester en 1947, le ministre a fait toute sa scolarité dans la région de Lorient, où ses parents travaillaient comme ouvriers. Bon élève, il a mené de brillantes études d’histoire avant d’embrasser une carrière politique éclair. Elu conseiller municipal en 1977, il devient député du Morbihan la même année, alors qu’il a à peine 30 ans.

Il rencontre rapidement François Hollande, « un compagnon de route plus qu’un ami » avec qui il fonde les « transcourants », sorte de groupe parallèle au Parti socialiste. L’illustration, déjà, de sa capacité à se démarquer du parti. En 2015, il n’avait pas hésité à enlever le logo du PS de ses affiches de campagne. « Le Drian est un social libéral. Il a toujours aimé l’entreprise, les gens qui mettent les mains dans le cambouis. Les querelles internes au parti, ça ne le passionne pas. Il n’a pas cette culture de la petite phrase », explique Benjamin Keltz.

En 1981, Jean-Yves Le Drian devient maire de Lorient, ville portuaire qui lui offrira l’opportunité de devenir secrétaire d’Etat à la mer en 1991, sous Mitterrand. Le socialiste n’y siégera qu’un an. En 2004, il remporte les élections régionales et devient président de région, poste qu’il occupe toujours aujourd’hui malgré la règle sur le non-cumul des mandats. « Je ne suis pas sûr que les Bretons aient le sentiment que je sois parti. La Bretagne, c’est mon chez moi », déclarait-il dans Les Echos en juin 2015, alors qu’une démission de son ministère était envisagée.

Grand amateur de vélo, le Lorientais a réussi sa mission d’emmener son leader jusqu’à l’Elysée. Celui qui fêtera ses 70 ans fin juin poursuivra donc sa mission comme ministre de l’Europe et des affaires étrangères.