Rennes: Que s'est-il passé la nuit du meurtre d'Erwan Monterrosa ?

FAITS DIVERS Deux hommes devraient être mis en examen pour assassinat...

Camille Allain

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Le procureur de la République de Rennes Nicolas Jacquet et Gilles Soulie, directeur de la police judiciaire de Rennes.
Le procureur de la République de Rennes Nicolas Jacquet et Gilles Soulie, directeur de la police judiciaire de Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Il était 23h30, le lundi 28 décembre. Erwan Monterrosa, 18 ans, se rend à Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes. Sa silhouette est captée par les caméras de vidéo surveillance du réseau Star. On ne le reverra plus jamais.

Porté disparu, Erwan Monterrosa sera retrouvé mort 15 jours plus tard. Le 13 janvier, un kayakiste retrouve un bidon dans lequel se trouve le corps du jeune Rennais. Il a été égorgé.

Mis en examen pour assassinat

Deux mois et demi après la disparition, la police judiciaire vient probablement d’élucider la triste affaire. Sept personnes ont été interpellées en début de semaine. Trois d’entre elles devraient être mises en examen ce vendredi. Deux pour assassinat, et l’une pour recel de cadavre et tentative de modification des lieux d’un crime.

Des affiches ont été placardées dans le métro de Rennes après la disparition d'Erwan, 18 ans.
Des affiches ont été placardées dans le métro de Rennes après la disparition d'Erwan, 18 ans. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Ce vendredi, le procureur de la République Nicolas Jacquet a relatéles comptes rendus des audiences des trois jeunes hommes, tous originaires de Bain-de-Bretagne, qui ont permis de faire la lumière sur le meurtre d’Erwan. Le 28 décembre vers 23h30, ce dernier va rendre visite à Kylian, un jeune homme à Saint-Jacques-de-la-Lande, à qui il fournit du cannabis et que ce dernier revend. Lucas, un ado âgé de 17 ans, est également présent.

Des traces de sang dans l’appartement

Erwan vient alors apporter 300 grammes de cannabis à Kylian, son client habituel. Ce dernier lui doit vraisemblablement 3.000 euros. « Une altercation a éclaté au sujet de cette dette de stupéfiants. Les deux hommes ont alors porté des coups à Erwan, parfois avec un poing américain. Et puis l’un d’eux aurait crié qu’il fallait en finir », relate le procureur. Le mineur, armé d’un couteau, aurait ensuite tranché la gorge d’Erwan Monterrosa.

Les deux hommes ont alors fait appel à Samuel, un ami. C’est avec lui qu’ils ont nettoyé les traces de sang dans l’appartement avant de placer le corps d’Erwan dans un bidon, puis de le jeter dans la Vilaine à Guichen. Leurs téléphones montrent bien leurs mouvements cette nuit-là. Les traces de sang, la police scientifique les verra s’illuminer grâce à la Polilight.

Le corps d’Erwan sera retrouvé 15 jours plus tard à Saint-Malo-de-Phily. « Le corps était entouré de ruban adhésif et d’un rideau rouge attaché par des cordelettes ». Les analyses ADN permettront de relever deux traces sur les cordelettes. L’une appartient à S., le seul des trois déjà connu de la justice pour une petite affaire de vol. « Nous avons pu identifier que les trois hommes se connaissaient. Nous avons pu reconstituer le puzzle assez rapidement », rapporte Gilles Soulie.

Le profil des suspects interroge

Le directeur de la police judiciaire de Rennes admet cependant « avoir eu un doute », malgré les preuves qui accablaient les trois jeunes hommes, « parce qu’ils n’ont pas du tout le profil ». Inscrits en bac pro et en IUT, les deux auteurs des coups n’avaient jamais eu affaire à la justice. « Il y a un tel déchaînement de violence. On peut s’interroger », embraye le procureur Nicolas Jacquet.

Le premier avait même été entendu après la disparition d’Erwan, avant que le corps ne soit retrouvé. « Il reconnaissait avoir vu Erwan chez lui. Il avait un discours très cohérent », assure le procureur.

Interpellés en début de semaine, deux des trois gardés à vue se sont livrés aux enquêteurs. Le troisième, le mineur a priori à l’origine du coup de couteau fatal, est resté complètement muet. Tous devraient être mis en examen ce vendredi et écroués.