Jeune homme torturé à Bruz: L’affaire de retour devant la justice

JUSTICE Huit personnes avaient reçu des appels ou photos montrant les sévices subis…

C.A.

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Illustration du tribunal de grande instance de Rennes, au sein de la Cité judiciaire.
Illustration du tribunal de grande instance de Rennes, au sein de la Cité judiciaire. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Une nuit d’horreur. Janvier 2013. A l’occasion d’une soirée arrosée, un homme de 21 ans avait été torturé, brûlé et violé dans un appartement de Bruz, près de Rennes. Abandonné nu dans un caddie de supermarché, il a survécu, après avoir passé plusieurs jours plongé dans le coma. Fin 2015, ses quatre tortionnaires ont été condamnés à de lourdes peines par la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine.

Tous contactés par téléphone

Ce mardi, ces actes cruels vont pourtant ressurgir à la barre du tribunal correctionnel de Rennes. Huit personnes âgées de 24 à 37 ans y seront jugées pour « abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité d’une personne ». Lors de cette nuit d’horreur, les prévenus ont été contactés par téléphone par les tortionnaires. Certains ont été appelés, d’autres ont reçu des messages, voire des photos. Mais aucun de ces cinq hommes et trois femmes n’a alerté les autorités.

« Mon client ne se trouvait pas du tout dans la région. Il a été appelé. Son seul tort, c’est d’avoir de mauvaises fréquentations », témoigne l’avocat de l’un des prévenus. Une autre jeune femme a reçu une photo et plusieurs messages « où les tortionnaires se vantaient de leurs actes », selon l’ancienne avocate de la jeune prévenue.

L’enquête avait permis de comprendre les raisons de ce déchaînement de violences. La victime avait en fait participé au vol d’une ambulance puis d’une voiture quelques jours plus tôt. Interpellée, elle avait alors raconté aux gendarmes ce qu’il s’était passé. C’est donc en représailles que ses « amis » avaient agi ce soir-là. La lettre « B » pour « balance » avait été marquée au couteau dans le dos du jeune homme.

« Comment réagir ? »

Condamnés en 2015 à de lourdes peines de prison ferme, les quatre agresseurs avaient filmé les actes de torture et le viol de leur victime. Mais qu’est ce que les huit prévenus jugés ce mardi ont vu ? Pouvaient-ils deviner l’horreur ? Des réponses sont attendues à la barre ce mardi. « Ce procès intervient tard. Tout le monde a l’air mal à l’aise dans ce dossier car tout le monde s’en veut de ne pas avoir agi. Mais comment réagir quand on vous raconte de telles choses ? Surtout en pleine nuit alors que tout le monde est alcoolisé », s’interroge un avocat.

« Les gendarmes ont bien été appelés ce soir-là par des voisins qui s’inquiétaient du bruit. Et ils ne se sont pas déplacés », affirme l’avocat d’un des prévenus.