Anciens Rennais: Bon alors concrètement, ça donne quoi, Paul-Georges Ntep en Bundesliga?

FOOTBALL Cela fait deux mois que l'international français évolue à Wolfsburg...

Jeremy Goujon
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Paul-Georges Ntep lors de Dortmund-Wolfsburg, le 18 février 2017 (coucou Ousmane Dembélé !).
Paul-Georges Ntep lors de Dortmund-Wolfsburg, le 18 février 2017 (coucou Ousmane Dembélé !). — P. Stollarz / AFP

D’abord, il y a les chiffres. Transféré le 9 janvier 2017 à Wolfsburg, désireux de remplacer (numériquement) un certain Julian Draxler, Paul-Georges Ntep a jusqu’à maintenant disputé cinq matchs de Bundesliga sur sept possibles (deux titularisations, une passe décisive) et un 8e de finale de Coupe d’Allemagne, contre le Bayern Munich (1-0).

Un contexte particulier

De maigres statistiques, forcément, pour l’ancien ailier gauche du Stade Rennais, dont la dernière apparition remonte au 24 février, et une défaite à domicile des Loups face au Werder Brême (1-2).

« Il a quand même des excuses, car la situation est compliquée à Wolfsburg, pose le consultant beIN Sports Gernot Rohr. Les résultats ne sont pas au rendez-vous [quatre revers sur les six dernières journées] ; le directeur sportif qui avait été le chercher, Klaus Allofs, a été remplacé [c'est d'ailleurs son successeur, Olaf Rebbe, qui est en réalité à l'origine de la venue de Ntep] ; l’entraîneur aussi, a changé. Il y a donc plusieurs facteurs qui peuvent expliquer les difficultés rencontrées par le joueur. »

Trop tôt pour le condamner

Champion d’Allemagne en 2009, quart de finaliste de la Ligue des champions en 2016, le VfL traverse en effet une période sombre (15e sur 18 au classement), au point d’avoir déjà limogé deux coachs cette saison : l’Allemand Dieter Hecking, recasé depuis à Mönchengladbach, et le Français Valérien Ismaël, renvoyé il y a deux semaines. Comme environnement propice à un épanouissement sur le terrain, surtout dans le cas d’un Ntep éprouvant sa première expérience à l’étranger, on a vu mieux.

« Je ne sais pas exactement où il en est physiquement, mais c’est quand même une déception, lâche cependant Ali Farhat, expert en Bundesliga à So Foot. Nous, en France, on sait ce qu’il vaut, on sait qu’il a beaucoup de talent. S’il est arrivé jusqu’aux Bleus [deux sélections], c’est parce qu’il était très performant en Ligue 1. Mais là, c’est très décevant. En même temps, il est un peu tôt pour établir un bilan. Ce n’est jamais facile d’arriver dans une équipe au mercato d’hiver. »

Rien à voir avec Dembélé

De ce fait, la moindre tentative de comparaison avec Ousmane Dembélé, précédente jeune star du SRFC à s’être exilée outre-Rhin, s’avérerait vaine avant même d’évoquer l’adaptation ultra rapide du prodige de Vernon à Dortmund. « Ça a été plus simple pour Ousmane, le contexte était plus favorable, juge ainsi Rohr. Ntep peut en tout cas s’en inspirer, et j’espère qu’il prendra le même chemin. »

« Ce n’est pas le même genre de potentiel, reprend Farhat. Ntep est techniquement en dessous de Dembélé. Dortmund a dû faire des efforts financiers pour l’avoir, son recrutement étant peut-être plus ciblé, plus voulu. Pour Ntep, j’ai l’impression que c’est plus l’aspect "fin de contrat à Rennes" qui a plu à Wolfsburg. »

«Il va devoir s'accrocher »

Si cette dichotomie enlève, pour l’instant, toute pression à Paul-Georges Ntep (« Les supporters vont être plus patients avec lui qu’avec des joueurs achetés 25 ou 30 millions d’euros »), il n’en demeure pas moins que l’ex-Auxerrois « va devoir s’accrocher mentalement », dixit les deux interlocuteurs de 20 Minutes. Lesquels ne noircissent pas davantage le tableau (quoique).



« Que le nouvel entraîneur [le Néerlandais Andries Jonker] veuille resserrer les boulons derrière n’est pas un mauvais point pour Ntep, estime l’actuel sélectionneur du Nigeria, Gernot Rohr. Quand on privilégie la rigueur défensive, ça induit un jeu en contre-attaque, et dans ce domaine, il a son mot à dire avec ses qualités athlétiques. » « Il est face au premier grand défi de sa carrière, mais je ne m’inquiète pas outre mesure pour lui, indique le journaliste Ali Farhat. Par contre, s’il loupe le coche dans les six mois ou l’année à venir, ça va être difficile… »