Ligue des champions: Moi John, professeur d'anglais à Saint-Malo, tombé follement amoureux du Napoli

FOOTBALL Les Partenopei auront au moins un supporter en Ille-et-Vilaine, ce mardi face au Real Madrid...

Jeremy Goujon

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John Gray dans les mailles du filet, au stade San Paolo de Naples.
John Gray dans les mailles du filet, au stade San Paolo de Naples. — Facebook

Professeur d’anglais et d’allemand au lycée Les Rimains à Saint-Malo, John Gray est également un mordu de foot. 

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Bien connu des supporters du Stade Rennais, club pour lequel il avait joué les traducteurs lors de la campagne européenne 2011-2012, le natif de Basingstoke est tombé sous le charme de Naples et ses Partenopei à l’occasion d’un échange scolaire, en mai 2016.

Témoignage avant le Napoli-Real Madrid qui va embraser le San Paolo, ce mardi en Ligue des champions (20 h 45).

Voir Naples et mourir. « Si je n’avais pas de préjugés négatifs sur la ville, je n’éprouvais pas non plus un grand amour pour Naples. J’y étais juste passé lors de vacances à Capri avec ma femme, en 2001. Du peu que j’en avais vu, Naples ne semblait pas du tout être un lieu spectaculaire. Depuis, ma vision des choses a changé.

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Je suis vraiment content d’avoir découvert cette ville, qui est magnifique. J’espère que l’expérience aidera aussi les élèves et les familles d’accueil dont les enfants sont partis en Italie, à ressentir la même impression positive. Afin qu’un bouche-à-oreille, lié à la promotion de la ville, s’installe parmi les leurs. »

Le gardien du temple. « J’avais contacté la mairie de Naples pour savoir s’il était possible d’entrer à l’intérieur du stade, histoire de faire mon curieux et prendre quelques photos. Ils m’ont dit : "Oui, ça doit être possible"… pour moi seul, pas avec tous les élèves. Il fallait alors trouver un créneau dans le programme d’excursion, et j’ai pu m’échapper (sic) la veille de notre départ. J’étais très heureux, sachant que j’avais déjà eu un cadeau de la part d’un élève napolitain, venu deux mois auparavant à Saint-Malo : il m’avait offert un maillot de Naples. En contrepartie, je lui avais donné un maillot d’entraînement du SRFC.

Tiens, un Rennais sur le banc des remplaçants napolitains.
Tiens, un Rennais sur le banc des remplaçants napolitains. - Facebook

Une fois arrivé à l’entrée du San Paolo, on m’a laissé entre les mains du responsable de l’enceinte, lequel m’a proposé une visite guidée à travers la salle de presse, les vestiaires… À la fin, il m’a autorisé à aller sur le terrain, ou plutôt à l’intérieur d’un des buts. J’étais gâté car, il faut le dire, ils ne montrent pas les coulisses en question à n’importe qui. J’ai apprécié le geste, ça m’a touché. En tant que supporter, c’était vraiment une expérience exceptionnelle. Et comme souvent dans ma vie, j’ai adopté l’équipe de la ville que je visitais. »

Une mèche de Diego. « Je me suis rendu au Bar Nilo, où il y a un vestige mythique de Monsieur Maradona. En fait, c’est une petite boucle de cheveux, mythique dans le sens où Maradona était venu et ils avaient remporté le Scudetto derrière. C’est un personnage légendaire là-bas. Quand on entre dans le bar, avec tous les articles de presse et photos accrochés au mur, on se rend compte que beaucoup, beaucoup de personnes à Naples pensent, parlent et vivent football.

John devant l'autel dédié à Diego Maradona, au Bar Nilo.
John devant l'autel dédié à Diego Maradona, au Bar Nilo. - Facebook

À ce propos, dès qu’on mentionne le nom de Gonzalo Higuaín [le buteur argentin a rejoint les rangs de l’ennemi, la Juventus Turin, en juillet 2016]… C’est un sujet qu’il ne faut pas aborder et c’est dommage, car Higuaín [né à Landerneau] est quand même Breton, à la base (sourire). »

Un baptême du feu sympathique, mais… « Cette saison, j’ai réussi à organiser l’échange avec le lycée GiamBattista Vico au cours d’une semaine où il y avait un match du Napoli à domicile [le 29 janvier 2017, contre Palerme]. L’année dernière, j’avais sympathisé avec quelqu’un ayant vécu en Bretagne, et qui, ironie de l’histoire, suivait Rennes. Il a pris deux places pour la rencontre - une pour moi, une pour mon collègue - et on s’est retrouvés, non pas en loge, mais dans une tribune où la restauration était comprise, etc. C’était très sympa, mais quelque part, j’aurais préféré être dans un virage avec les Ultras [les fameuses Curva A et B], là où il y avait de l’ambiance. L’un des deux kops en donnait beaucoup plus, tandis que l’autre a passé la première mi-temps à siffler.

Soir de match au San Paolo.
Soir de match au San Paolo. - Facebook

Les huées étaient destinées aux joueurs de Palerme et à leur tactique, puisqu’ils ont bétonné après avoir marqué assez tôt dans la partie [1-1 score final]. Je pense toujours qu’il y a un peu de fébrilité dans la défense de Naples, alors qu’ils jouent très bien en attaque. Tellement, que j’ai tendance à dire qu’ils essayent parfois de mettre le but parfait. Ils font des enchaînements de passes aux abords de la surface type Barça, au lieu de tirer en première intention. Bon, ils n’ont pas Messi, mais Mertens, Insigne ou Hamšík sont autant d’éléments de très haut niveau. »

L’exploit sinon rien en C1. « Le jeu du Napoli peut mettre le Real en difficulté. Le fait d’avoir marqué à l’extérieur à l’aller [victoire 3-1 des Merengues] peut également leur être bénéfique. Mais on ne va pas se voiler la face, ça va être difficile de renverser la vapeur. Le Real, c’est quand même du costaud. Il faut vraiment que Naples se trouve dans sa meilleure soirée ; d’ailleurs, un public chaud bouillant peut y contribuer.

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Il va aussi falloir que Madrid ne soit pas à son meilleur niveau. Avec deux buts d’avance, ils se voient peut-être déjà vainqueurs, mais avec Zidane, je ne les vois pas ne pas mettre l’engagement nécessaire. »