On a rencontré Fine, la vache égérie du Salon de l’Agriculture

AGRICULTURE Cette vache viendra défendre la race Bretonne Pie Noir dans les allées de la plus grande ferme de France…

Jérôme Gicquel

— 

Agée de six ans, Fine est une Bretonne pie noir qui mesure 1,17 mètre de haut et pèse 450 kilos.
Agée de six ans, Fine est une Bretonne pie noir qui mesure 1,17 mètre de haut et pèse 450 kilos. — SIA 2017 / P.Parchet

Les visiteurs du Salon de l’agriculture n’auront d’yeux que pour elle à partir de samedi. L’égérie de cette 54e édition risque également d’être très courtisée pendant toute la semaine par les candidats à l’élection présidentielle, qui devraient être nombreux cette année à venir tâter le cul des vaches Porte de Versailles.

En attendant le grand rush, Fine se repose paisiblement avec ses congénères au Gaec des Sept Chemins à Plessé, à la frontière entre la Loire-Atlantique et l’Ille-et-Vilaine. « Leader par nature » du haut de ses 117 cm, c’est elle qui mène la danse quand le troupeau doit quitter l’étable pour rejoindre le champ. « C’est une bête extraordinaire, elle est très docile et se laisse facilement caresser », souligne Cédric Briand, l’un des trois associés du Gaec.

Une vache un temps menacée de disparition

Pour l’habituer à la foule, Fine, qui pèse 450 kilos, a également eu le droit ces dernières semaines à venir au contact des clients du Gaec les jours de vente directe. « Comme elle n’a jamais été au salon, cela lui permet de s’habituer un peu à voir du monde », assure l’éleveur. « Mais on ne la forcera pas à prendre des photos si elle ne veut pas », poursuit-il.

>> A lire aussi : La filière bio bretonne n’a jamais attiré autant d’éleveurs

Mascotte du salon, Fine aura également l’honneur de représenter la race Bretonne pie noire à Paris. Première race française en 1900 avec 700.000 têtes recensées, la Bretonne pie noire a ensuite connu un déclin drastique, les effectifs chutant à 311 bêtes en 1976.

Menacée de disparition, cette race de petite taille devra finalement sa survie grâce à un programme de sauvegarde initié par deux scientifiques. On en compte désormais 2.500 environ, principalement dans l’Ouest de la France.

Un lait riche en matière grasse mais aussi de la viande

« C’est une race qui nous permet d’exprimer notre amour de la terre. C’est une vache qui se nourrit peu et uniquement d’herbe. Elle produit un lait très riche en matière grasse, facilement transformable en beurre et en fromage. C’est également une race mixte avec une viande réputée pour son goût et sa finesse », précise Cédric Briand.

Aux côtés de sa vache star, l’éleveur profitera de sa présence dans les allées du salon pour porter un message. « Il n’y a pas qu’un modèle en agriculture. Certains ont choisi la voie intensive. Avec mes deux associés, nous avons nous opté pour une agriculture alternative avec la Bretonne pie noir. C’est une démarche citoyenne certes, mais on veut aussi montrer qu’on peut en vivre économiquement », assure-t-il.