Une exposition photo pour dire stop au racisme anti-roux

PHOTO Pascal Sacleux expose ses portraits dans le hall de l’aéroport de Rennes jusqu’au 15 juin…

Jérôme Gicquel

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L'exposition présente une série de portraits de 30 personnes rousses.
L'exposition présente une série de portraits de 30 personnes rousses. — Pascal Sacleux

« Les roux, ça pue quand il pleut », « Poil de carotte », « sale rouquin »… Voici un florilège des insultes qu’une personne rousse doit souvent subir au quotidien. Si les moqueries sont fréquentes dans les cours d’écoles, elles se poursuivent même à l’âge adulte.

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« C’est une forme de racisme qui perdure depuis des siècles. Beaucoup de roux ont vraiment morflé pendant l’adolescence et certains sont détruits socialement », souligne Pascal Sacleux. Photographe professionnel et lui-même roux, il s’est lancé dans un projet d’exposition pour mettre en images « la roussitude » et témoigner ainsi de la beauté des roux.

Les roux présents partout dans le monde

Parti à la rencontre de ses semblables en Bretagne et un peu partout en France, le photographe, installé au sud de Rennes, en a tiré une série de portraits qu’il expose jusqu’au 15 juin à l’aéroport de Rennes. « Certains ont refusé de me rencontrer, m’indiquant que cela ne servait à rien de remuer le couteau dans la plaie. Mais beaucoup de personnes ont compris l’intérêt de ma démarche », assure Pascal Sacleux.

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Ce dernier a d’ailleurs lui aussi subi son lot de moqueries durant son parcours. « J’ai plus ressenti cela dans les petits villages en Bretagne alors qu’avant, quand j’étais à Paris, les gens s’en foutaient un peu. C’est d’ailleurs étonnant car on retrouve beaucoup plus de roux en Bretagne, même si on en trouve partout dans le monde », poursuit le photographe.

« Pas une revanche mais plutôt une mission »

Au cours de son parcours professionnel, Pascal Sacleux s’est toujours intéressé aux minorités visibles. « J’aime bien mettre en avant des personnes qui ne sont pas bien traitées socialement. Je ne vois pas ce projet, qui est plus personnel que les autres, comme une revanche mais plutôt comme une mission », assure-t-il.