La Bretagne prend soin de ses bouteilles et veut relancer la consigne

INITIATIVE L’association Distro a réuni les brasseurs et cidriers pour lancer un test…

Camille Allain

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Illustration de bouteilles de cidre.
Illustration de bouteilles de cidre. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Il lui aura fallu presque deux ans. Fondée en 2015, l’association Distro, qui veut dire « retour » en breton, va enfin voir son projet de retour de la consigne prendre forme. Constituée de brasseurs et de cidriers, l’association en a marre de voir les bouteilles de verre être jetées pour être reconstituées à l’identique. D’ici quelques mois, les clients de plusieurs Biocoop bretonnes pourront ramener leurs bouteilles au magasin.

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L’idée est née dans la tête d’Olivier Lallemand. Fondateur de la Brasserie du Bout du Monde, il voyait de nombreux clients de sa boutique lui demander s’ils pouvaient ramener leurs bouteilles. « J’étais obligé de leur dire non, je ne pouvais rien en faire à part les mettre au recyclage », explique le brasseur, qui commence à en parler autour de lui. « Beaucoup de confrères étaient partants, mais il fallait trouver un modèle économique ». Distro compte aujourd’hui 31 membres parmi lesquels les plus grandes brasseries (Lancelot, Coreff, Britt…) et cidriers (Val de Rance). Seul Loïc Raison y réfléchit encore. Et tous feront nettoyer leurs bouteilles par la même société.

Laver les bouteilles ne pose d’ailleurs pas de problème, et certains le font déjà, comme la cidrerie Coat Albret à Bédée, au nord de Rennes. « La difficulté, c’est la collecte. Aujourd’hui, les brasseurs ont des modes de distribution très variés. Ils vendent en direct, chez des cavistes ou en supermarchés. Les bouteilles sont éparpillées », explique Patrick Creac’h. Le cofondateur de l’association Distro rêve de retrouver un modèle à l’allemande, où 12.000 machines à déconsigner sont installées. En échange de leur bouteille, les Allemands récupèrent une petite somme (de 8 à 25 centimes), qui peut être incitative.

« Comment le consommateur réagit »

En Bretagne, le modèle proposé par Distro sera différent. « Gérer cet argent serait trop compliqué. Les sommes seront reversées à des associations, un peu sur le modèle des bouchons en plastique », poursuit Patrick Creac’h.

D’ici l’été, plusieurs Biocoop de Bretagne, notamment les Rennais de Scarabée, proposeront à leurs clients de ramener certaines bouteilles de bière, de cidre ou de jus de pomme. Une bouteille unique, que les 31 membres de Distro ont accepté d’adopter. « Nous voulons voir comment le consommateur réagit », conclut Patrick Creac’h. Réponse dans quelques mois.