Scandale des abattoirs: Leclerc aurait fait retirer le livre «Steak Machine» de ses rayons

POLEMIQUE D'après Ouest-France, plusieurs magasins auraient fait retirer de leurs rayons ce livre qui dénonce les conditions de travail dans un abattoir...

C.A.

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Geoffrey Le Guilcher, journaliste, s'est infiltré 40 jours dans un abattoir industriel en Bretagne. Il relate cette expérience dans Steak Machine, livre paru ce jeudi 2 février 2016.
Geoffrey Le Guilcher, journaliste, s'est infiltré 40 jours dans un abattoir industriel en Bretagne. Il relate cette expérience dans Steak Machine, livre paru ce jeudi 2 février 2016. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Etrange, étrange. D’après Ouest-France, plusieurs magasins Leclerc auraient fait retirer de leurs rayons le livre Steak Machine publié le 2 février. L’ouvrage signé Geoffrey Le Guilcher relate les conditions de travail des salariés d’un abattoir de Bretagne, dans lequel le journaliste s’est infiltré pendant 40 jours.

L’abattoir visé appartient-il à Leclerc ?

D’après Ouest-France, les employés des espaces culturels « auraient reçu pour ordre de ne plus prendre de commandes de Steak Machine ». En magasin, une vendeuse confirme la demande mais assure ignorer la raison. Le quotidien breton avance une raison. Et si l’abattoir breton anonymement intitulé « Mercure » dans l’ouvrage était une filiale du groupe Leclerc ?

Les éditions Goutte d'Or, qui sortent là leur premier ouvrage, avouent avoir découvert l’affaire dans la presse. « Nous avons contacté plusieurs centres qui avaient commandé l’ouvrage. Ils assuraient qu’ils n’avaient pas encore reçu l’ouvrage », explique Clara, des éditions Goutte d'Or. Sur les réseaux sociaux, un homme se présentant comme salarié d’un espace culturel l’assure : « on m’a demandé de ne pas le vendre ».

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Dans son ouvrage, Geoffrey Le Guilcher raconte le quotidien des salariés de l’abattoir. « Je les appelle homme-crabe parce qu’ils ont comme muté. Ils présentent une musculature hors-norme au niveau des avant-bras, des poignets et des mains à force de lever des carcasses », explique-t-il.


Alors que les vidéos choquantes de l’association L214 ont levé le voile sur certaines pratiques de maltraitances animales, le journaliste s’est surtout attardé sur les hommes et femmes travaillant au quotidien dans ces abattoirs. « Tu ne peux pas comprendre les violences faites aux animaux si tu ne comprends pas les violences faites aux hommes dans les abattoirs », explique le jeune auteur.