VIDEO. Rennes teste un bus électrique avant de changer toute sa flotte de diesel

TRANSPORTS La métropole veut arrêter le diesel d’ici 2030…

Camille Allain

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Un bus électrique Bluebus développé par Bolloré, est en test à Rennes.
Un bus électrique Bluebus développé par Bolloré, est en test à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Vous ne pourrez pas le manquer. Pendant une dizaine de jours, le Bluebus électrique de Bolloré va découvrir les rues de Rennes, sa pluie fine et ses pavés. Prêté par la ville de Paris, le véhicule va effectuer de nombreux tests dans la capitale bretonne, avant un déploiement massif fin 2017. Rennes Métropole a en effet annoncé sa volonté de convertir l’ensemble de ses bus diesel à l’électrique d’ici 2030 (280 bus), à la faveur d’un partenariat industriel avec Bolloré. De nombreux points restent cependant à éclaircir.

Ils ne seront pas livrés avant novembre.

D’abord annoncée pour septembre, l’arrivée des bus électriques sur le réseau Star devrait avoir lieu en novembre. Dans un premier temps, seule la ligne 12 sera entièrement convertie à l’électrique. La ligne 6 sera équipée dans un second temps, quand Bolloré aura mis au point le bus articulé 100 % électrique. « C’est très agréable, beaucoup plus souple à conduire », témoigne Yann, chauffeur chez Keolis, qui a testé le véhicule mercredi.

Un bus conçu pour Rennes.

Le bus prêté par Bolloré ressemble beaucoup à celui qui circulera à Rennes en fin d’année. Mais la métropole a tout de même imposé des contraintes solides au groupe industriel. Les bus qui circuleront à Rennes devront avoir au moins trois portes (contre deux à Paris) mais surtout être 100 % électriques, y compris pour leur système de chauffage. Le partenariat industriel devra également permettre de développer la même technologie sur un bus articulé de 18 mètres, ce qui n’existe pas aujourd’hui. « Ils représentent 64 % de notre parc actuel », précise le président de Rennes Métropole Emmanuel Couet.

Où seront-ils rechargés ?

Les bus disposent aujourd’hui d’une autonomie de 200 à 250 km. « S’ils sortent douze heures par jour, c’est bon, mais s’ils roulent plus, il faudra une solution de recharge », assure Alexandre Desneux, directeur du projet chez Bolloré. Un temps envisagée, la recharge rapide aux arrêts de bus semble aujourd’hui exclue. « Cela use les batteries ». Bolloré et Keolis optent pour l’instant pour une recharge au dépôt.

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Des bus un peu plus chers… au départ.

Produits à petite échelle, les bus électriques coûtent aujourd’hui 10 à 20 % plus cher que les modèles diesel. Moins onéreux à l’exploitation, notamment en raison de l’économie de carburant, ils reviendraient finalement au même prix au bout de quelques années. « Il faut avoir une vision sur le coût global. Le prix d’acquisition va baisser quand les véhicules seront produits en série. C’est surtout un enjeu environnemental », insiste le président de Rennes Métropole.

Si Bolloré obtenait le marché, ce qui est probable au vu du partenariat signé, les bus seraient produits dans son usine de Quimper. Peut-être même un jour à Rennes, comme l’espèrent certains élus.