La réserve de la Chèze est la principale réserve en eau potable de Rennes, avec habituellement 14 millions de mètres cubes.
La réserve de la Chèze est la principale réserve en eau potable de Rennes, avec habituellement 14 millions de mètres cubes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

ENVIRONNEMENT

Bretagne: La sécheresse record inquiète les distributeurs d’eau potable

Les pluies sont très déficitaires cet hiver…

On les appelle les « pluies efficaces » ou « pluies de recharge ». Et depuis le début de l’automne, elles font cruellement défaut en Bretagne, et c’est un problème pour des nappes phréatiques à sec. Souvent raillée pour sa météo, la région souffre actuellement d’une sérieuse sécheresse, sans doute l’une des pires depuis les années 60, qui pourrait à terme menacer les approvisionnements en eau potable. La problématique sera abordée à l’occasion du Carrefour des gestions locales de l’eau qui se tient à Rennes pendant deux jours.

D’abord quelques chiffres. En janvier, les précipitations ont été 50 à 80 % inférieures à la normale. Exemple à Belle-Ile, où il n’est tombé que 10,8 mm d’eau, contre 60 d’ordinaire. A Rennes, la situation est moins critique avec 33 mm au lieu de 50 en temps normal. A Quimper, seuls 21 mm sont tombés au lieu de 112… « Décembre et janvier sont les mois les plus pluvieux d’ordinaire. Mais cette année, il n’est quasiment rien tombé. C’est inquiétant pour la recharge des nappes souterraines », commente Franck Baraer, climatologue à Météo France.

>> La Bretagne souffre de la sécheresse, même en hiver

La situation est même comparable aux plus grandes années de sécheresse comme 1992 ou 1976. « Le mois de février sera déterminant », assure le climatologue. Pour tenter de limiter la consommation, des mesures restrictives sont déjà entrées en vigueur dans certains territoires.

« Le problème se posera à l’automne »

Pour venir en aide aux secteurs les plus secs, les producteurs d’eau potable ont déjà activé des plans de secours. « Cela va nous permettre de tenir jusqu’au printemps et sans doute de passer l’été. Mais s’il ne pleut pas, le problème de l’approvisionnement en eau se posera sérieusement à l’automne prochain », explique Jean-Pierre Trouslard, directeur du syndicat départemental des eaux d’Ille-et-Vilaine (SMG35).

Graphique montrant les précipitations de décembre et janvier depuis 1959 en Bretagne.
Graphique montrant les précipitations de décembre et janvier depuis 1959 en Bretagne. - Météo France

Si les pluies efficaces ne remplissent pas les nappes souterraines d’ici la fin mars, l’eau devra être prélevée en plus grande quantité en surface. Mais ces réserves sont déjà bien amputées. Et présentent en plus l’inconvénient d’être de moins bonne qualité, polluées par les pesticides et des résidus de nitrates.