Open de Rennes: «Il n’était pas raisonnable pour Benoît Paire de venir», affirme Marc Gicquel

INTERVIEW Le directeur sportif du tournoi regrette le forfait du fantasque Avignonnais, mais...

Propos recueillis par Jeremy Goujon

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Benoît Paire a souffert contre l'Autrichien Dominic Thiem, lors du 3e tour de l'Open d'Australie 2017.
Benoît Paire a souffert contre l'Autrichien Dominic Thiem, lors du 3e tour de l'Open d'Australie 2017. — W. West / AFP

Vainqueur de l’Open de tennis de Rennes en 2010, le Costarmoricain Marc Gicquel en est devenu le directeur sportif. Avant l’entame du tableau principal, mardi, l’ancien joueur (39 ans) nous explique pourquoi le plateau du tournoi bretillien reste de qualité, malgré la défection de plusieurs têtes d’affiche.

Un mot tout d’abord sur l’adversaire de la tête de série n°1, Jérémy Chardy : le grand espoir russe Andrey Rublev (19 ans)…

Disons que ce premier tour ne sera facile ni pour Rublev, ni pour Jérémy. J’ai connu Andrey l’année dernière à l’Open de Quimper, qu’il avait remporté face à Paul-Henri Mathieu. Il avait également disputé la finale des Internationaux de Vendée fin 2016, contre Julien Benneteau. Là, il est aux alentours de la 150e place au classement ATP [152e précisément], après avoir très bien joué à l’Open d’Australie, où il s’est incliné au 2e tour face à Andy Murray.

C’est donc un client, capable de frapper très fort des deux côtés et qui ne se pose vraiment aucune question. Je m’attends à un match de cogneurs, puisque Jérémy s’appuie aussi sur « service-gros coup droit ». Ils ne vont pas évoluer dans des filières très longues [gains de points en une dizaine de coups ou plus].

La 11e édition de l’Open de Rennes est finalement amputée de quelques « grands noms » (Mikhail Youzhny, Steve Darcis, Jürgen Melzer). Pas trop dur à encaisser pour les organisateurs ?

On est forcément déçus, mais en ayant le tournoi à cette date-là, on pouvait s’attendre à des défections, ça fait partie du jeu. Ceci étant dit, on a toujours un très bon plateau, avec des joueurs d’expérience, d’autres plus jeunes, des anciens Top 100… Le cut, c’est-à-dire le participant le moins bien classé à entrer directement dans le tableau principal [avant l’attribution des wild-cards], se situe près de la 180e place mondiale [l’Allemand Daniel Brands, classé 179e à l’ATP], donc ça reste un tournoi très relevé.

On a par exemple quelqu’un comme Sergiy Stakhovsky, qui s’était révélé au grand public - même s’il avait déjà fait une belle carrière avant ça - en battant Roger Federer à Wimbledon, il y a quelques années (2013).

Sans faire injure aux joueurs précités, le forfait le plus regrettable demeure celui de Benoît Paire. Vous l’avez eu au téléphone depuis la fin de son parcours en Australie (3e tour) ?

Non, je n’ai pas voulu le déranger. J’ai eu son agent et son coach. Voilà, il était fatigué, il avait quelques douleurs à droite, à gauche. C’est dommageable pour nous, mais ce n’était pas raisonnable pour lui de venir à Rennes. Il aurait pourtant été content d’être là, car la Bretagne lui a plutôt souri jusqu’ici [vainqueur à Quimper et finaliste à Brest en 2015].

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Vous figurez au palmarès de l’épreuve aux côtés de Jo-Wilfried Tsonga, lauréat en Ille-et-Vilaine en 2006. Comment voyez-vous son quart de finale à Melbourne ?

Avec les éliminations de Djokovic et Murray, ça devient intéressant. Jo a une opportunité à saisir contre Wawrinka, même s’il ne part pas forcément favori.

Est-ce le moment ou jamais pour remporter un Grand Chelem ?

Oui, parce que d’habitude, on voit toujours Murray ou Djokovic en finale. Ils sont sortis du tableau, donc il y a un coup à faire. Mais Jo n’est sûrement pas le seul à se le dire : je pense à des joueurs comme Dimitrov, qui est en grande forme en ce moment, ou Federer, qui revient…