Une éolienne, ici à Plémet, dans les Côtes d'Armor.
Une éolienne, ici à Plémet, dans les Côtes d'Armor. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

ENERGIE

Pourquoi l’éolien a du mal à se faire une place en Bretagne

La région est pourtant réputée comme très ventée…

« 2016, année record pour l’éolien. » Le constat émis par France Energie Eolienne fait état du dynamisme de la filière au niveau national. L’an dernier, le nombre d’installations raccordées a ainsi bondi de 45 % en France. La Bretagne, que l’on sait volontaire sur ce thème, y a-t-elle contribué ? Très peu. En 2016, 34 mégawatts ont été installés dans la région, sur les 1.560 nouvellement branchés au niveau national.

Dans une région balayée par le vent, le constat interroge. « C’est mieux qu’en 2015. L’éolien fournit déjà 53 % du mix énergétique régional », défend Anne Couetil. Pour la déléguée régionale de France Energie Eolienne, association de constructeurs et de développeurs, la Bretagne est l’une des régions avec le plus fort potentiel d’Europe grâce à son littoral et ses vents stables.

Seulement 4 % de la Bretagne exploitable

La faible contribution régionale tient en fait à une problématique d’urbanisme. La Bretagne étant faite de petits hameaux, l’habitat y est très dispersé. Or, il est interdit de monter une éolienne à moins de 500 mètres d’une habitation. « Cela nous enlève 90 % du territoire. Si on y ajoute, les zones militaires et les zones de radar de Météo France, il ne nous reste que 4 % des terres », poursuite Anne Couetil. On comprend mieux pourquoi certains se tournent plutôt vers la mer et l’offshore.

Dépendante énergétiquement – elle ne produitque 15 % de l’énergie qu’elle consomme – la Bretagne voit ainsi son rêve d’ installer 1.800 mégawatts d’éoliennes d’ici 2020 s’envoler, ou presque. Cet objectif était notamment mentionné dans le schéma régional éolien, annulé par la justice et toujours en suspens. « Ce schéma, il planifie, mais il ne localise aucun parc. Nous pouvons développer des projets sans », assure Dominique Ramard, conseiller régional dédié à la transition énergétique.

« Il faut beaucoup communiquer »

Pour favoriser le développement de l’énergie du vent, l’élu, également maire de Saint-Juvat (Côtes d’Armor), espère mobiliser une cinquantaine de maires se disant favorables à l’installation d’éoliennes sur leur commune. « Nous n’avons pas le foncier de certaines régions. C’est pourquoi il nous faut beaucoup communiquer avec la population et mener une bonne concertation avec les riverains. »

Sans quoi les recours pourraient se multiplier, ce qui ralentit et freine quasiment tous les projets régionaux. « La Bretagne a pourtant une bonne acceptation de l’éolien car c’est une énergie propre. Beaucoup de gens ici sont hostiles au nucléaire », rappelle Anne Couetil.