Menacé d’expulsion, le rappeur tunisien Weld El 15 pourra rester en France

JUSTICE La préfecture d’Ille-et-Vilaine l’avait enjoint à quitter le territoire national…

J.G. avec AFP

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Le rappeur tunisien Weld El 15 avait été condamné en 2013 à deux ans de prison ferme pour avoir insulté la police dans une chanson.
Le rappeur tunisien Weld El 15 avait été condamné en 2013 à deux ans de prison ferme pour avoir insulté la police dans une chanson. — Fethi Belaid AFP

« Maintenant, je veux avoir une vie tranquille, je suis venu pour ça. Je vais pouvoir travailler sur mon album et continuer à faire ce que j’ai à faire. Le cauchemar est fini. » C’est par ces mots que le rappeur tunisien Weld El 15 a réagi ce vendredi à la décision de la cour administrative d’appel de Nantes qui a confirmé l’annulation de son expulsion vers la Tunisie ordonnée par la préfecture d’Ille-et-Vilaine en avril 2016.

Le 8 avril, le préfet d’Ille-et-Vilaine avait pris un arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours à l’encontre de Ala Edine Yacoubi, alias Weld El 15, arrivé en France un an plus tôt muni d’un visa compétences et talents.

La préfecture évoque des liens d’amitié avec un djihadiste

Ce dernier avait été condamné à plusieurs mois de prison avec sursis en 2015 pour usage illicite de stupéfiants et pour des violences sur sa compagne. Le chanteur avait saisi le tribunal administratif de Rennes, qui lui avait donné raison le 6 juillet en enjoignant au préfet de délivrer à Ala Edine Yacoubi une carte de séjour dans un délai d’un mois.

La préfecture avait fait appel, mettant en avant lors de l’audience les liens d’amitié entre Weld El 15 et un ancien membre de son groupe ayant rejoint le groupe Etat islamique, et qui serait décédé. Les avocats du rappeur ont dénoncé « une mascarade » et un « harcèlement » de l’administration française.

Dans le viseur des autorités tunisiennes

Nommé en 2014 pour le prix Sakharov pour les droits de l’Homme, décerné chaque année par le Parlement européen, Weld El 15 avait connu de multiples péripéties judiciaires dans son pays, dénoncées par ses soutiens et des ONG comme une atteinte à la liberté d’expression dans la Tunisie post-Ben Ali.

L’artiste y avait écopé en mars 2013 de deux ans de prison ferme pour un clip vidéo diffusé en ligne et intitulé « Les policiers sont des chiens », une peine réduite en appel à six mois avec sursis. Il avait été à nouveau condamné en décembre de la même année à quatre mois de prison pour « outrage » à la police, avant d’être relaxé en appel.